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1.6.13

Lectures de Portfolios au Percolateur

J'étais vendredi à Marseille, invitée par Marco Barbon à faire des lectures de portfolios au Percolateur.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, "une lecture de portfolio" signifie groso modo qu'un photographe plus ou moins avancé dans sa pratique a un rendez-vous avec une ou plusieurs personnes afin de leur montrer son travail, d'avoir leur avis et d'en recevoir des conseils.
Ceux qui regardent sont appelés  experts ou lecteurs. Il peut y en avoir un ou plusieurs à la fois.
La durée de l'entretien est traditionnellement de 20 mn dans le cadre de manifestations publiques comme les Rencontres d'Arles par exemple mais le reste du temps elle peut varier jusqu'à 1h ou plus.

L'Oeil de l'Esprit participe régulièrement  - et cet été encore - aux lectures organisées par Voies Off en Arles et durant l'année, je vois des dossiers à Paris en tant que responsable pédagogique.
Comme je l'ai déjà écrit parfois ici, c'est un exercice que j'aime vraiment beaucoup ; non seulement parce qu'il permet de voir des travaux et des types de photographie variés mais autant parce qu'il m'incite à la réflexion sur des points multiples qui sont après tout au centre de ma vie.

Qu'est ce qu'une bonne photographie ?
A quoi peut-on la reconnaitre ?
Un bon cadre, une bonne lumière, une bonne technique suffisent ils à faire une bonne photo ?
Si non, qu'est ce qui fait la différence ?
Une bonne photographie est-elle forcément de l'art ?
Et  d'ailleurs qu'est ce que l'art ?
Suis-je d'accord en ce point avec Heidegger pour qui
l'œuvre d'art est une puissance qui ouvre et installe un monde ?
Quelle(s) différence(s) entre un auteur et un artiste ?
Où se tient la photographie de reportage dans tout ça ?
Et celle de documentaire ?
Quelle place sont-elles en train de prendre dans le paysage (entendre  marché) ?
Et pour quelles raisons ?
Comment transmet-on certaines réflexions en un cours laps de temps ?
Quelle est la part de psychologie nécessaire à une bonne transmission ?
Et j'en passe.

J'ai l'habitude des lectures one to one et de celles où plusieurs lecteurs regardent en même temps un dossier mais au Percolateur vendredi Marco Barbon avait choisi une formule différente et chaque photographe voyait tour à tour les trois experts durant 45 mn.
Autant dire que c'était intense pour tout le monde !

Pour ma part, quand j'étais la dernière à voir un dossier, je ne pouvais pas éviter de penser à ce que mes deux respectés confrères, Emmanuelle Hascoet et Marco lui-même, avaient bien pu dire avant moi.

On a beau faire, le nom mythique de Magnum étend ses vastes ailes au dessus de nous. 

C'était vraiment enrichissant parce qu'ensuite, durant les deux jours suivants, nous n'avons pas cessé d'échanger nos réflexions et de partager nos ressentis ; chacun apportant sa personnalité, ses qualités et son expérience.

J'adore l'idée d'avoir un art, un métier, une vie, qui permettent une évolution et une remise en question perpétuelle.


17.5.13

Le vernissage

Sauf à être une star, et si l'on a choisi d'être présent, j'imagine qu'un vernissage génère toujours quelques appréhensions - le public sera-t-il au rendez-vous ? Le travail sera-t-il apprécié ?  -  qui sont plus vives si l'on est loin de chez soi et, par là même, plus ou moins privés du soutien affectif des ses proches.

J'avoue avoir été encore une fois terriblement gâtée par la vie.
J'ai vu arriver vers moi des amis de mes parents qui m'avaient connue enfant et qui avaient fait deux heures de route pour venir.
Philippe Donnadieu, si fidèle qu'il n'a pour ainsi dire raté aucun de mes vernissage en France depuis quinze ans, arrivant d'Arles n'en avait pas fait moins.

Marco Barbon et Philippe Donnadieu  © A.
 Arrivé en bateau la veille d'Alexandrie, ça ne s'invente pas, Gill D. comme surgit 30 ans après - sans sa guitare - des nuits fauves de notre folle jeunesse.

Avec Gill D. © A.
De talentueux confrères comme Marco Barbon et Cyril Carret - pourtant eux-même en plein accrochage.

D'autres visages familiers, la plupart venus de loin...
Et les inconnus, ceux qui attendent juste pour vous féliciter, vous dire merci.

C'était terriblement touchant.


Avec Florence Cyrulnik et Jean-Claude Vila    © A.

Enfin, j'ai eu la chance de rencontrer Florence Cyrulnik, que nous sympathisions, qu'elle apprécie mon travail et que ce soit justement elle qui soit en charge de présenter mon travail ; ce qu'elle a fait magnifiquement, en femme brillante et sensible qu'elle est.

Un bien joli moment que nous parachevons entre amis dans un bar à tapas de Marseille.









11.4.13

Clin d'oeil

Et puisque,
en plus de ma grand-mère catalane,
je vais bientôt porter un nom catalan,
une petite image pour fêter la victoire du Barça,
hier soir contre le PSG !

© Roberto Cavazzuti *  2013  




* Est-ce un hasard si  justement l'auteur est italien ?

8.4.13

Luxe absolu

El espacio y el tiempo...
son instrumentos
magicos del alma...



  



Après une intense journée de stage suivie d'une non moins intense journée de cours en tête à tête avec Félix,
je me fais cadeau d'une belle soirée en solitaire.

21.3.13

A défaut d'un vrai printemps...

... fort heureuse de voir arriver ce matin, ma nouvelle assistante.
Aurélie Gosset.
Voilà la jeune femme qui va être mon bras droit ces prochains mois.
En cette période assez intense de préparation d'exposition,
c'est comme une tiède brise d'espérance qui rentre avec elle à l'atelier.

Pedro Soler au Théâtre de l'Athénée


Ceux d'entre nous qui s’intéressent à la musique en général et à la guitare en particulier et qui n'ont pas eu la chance de pouvoir aller écouter Pedro Soler et Philippe Mouratoglou au Philarmonique de Berlin pourront se rattraper lundi 25 mars en venant assister au concert unique qu'ils donneront à l'Athénée Théâtre Louis Jouvet.
A. et moi, nous y serons sans faute, notre admiration pour Pedro Soler en tant qu'artiste n'ayant d'égale que l'affection que nous portons à l'homme qu'il est. 
Je ne saurais trop vous encourager à venir l'écouter, vous partagerez non seulement une belle soirée musicale mais aussi, c'est presque certain, un  moment de grâce comme il ne nous est pas donné souvent d'en vivre par les temps qui courent.


6.3.13

Petites histoires pragoises

De retour de Prague hier soir fort tard.
Voici quelques nouvelles moins laconiques de ce petit séjour.

Moins laconiques et photographiques :

Passés dès le premier jour chez FotoSkoka, genre pèlerinage ; je ne sais pas à quoi je m'attendais - une sorte de caverne d'Ali-Baba emplie de pochettes de papiers bleus inconnus sans doute - mais devant le petit mètre linéaire consacré à l'argentique - on se serait cru chez Prophot - j'ai failli fondre en larmes de déception.


Rien acheté, c'est tout dire !
En plus le vendeur était peu amène, pour ne pas dire désagréable.

Pour être franche, au rayon occasions, il y avait bien quelques tentations mais je ne me suis pas vue acheter un boitier inconnu à un vendeur m'expliquant en tchèque son fonctionnement. J'ai bien été tentée un instant par un Pentacon (60 euros) mais au fond je crois que je fais un nouveau blocage sur les vieux boitiers mal-pratiques au rendu plus ou moins flou.

D'ailleurs, à la fin, je suis partie à Prague avec mon Nikon.
C'était le bonheur.

Vingt mètres plus loin, sur le trottoir d'en face, une jolie boutique pleine à craquer de matériel d'occasion mais les objets de rêve, genre petite lampe à pétrole à verre rouge pour chambre noire sont juste en présentation.

  
 Je déniche quand même un ravissant et minuscule déclencheur souple  - 2 euros.
Ce sera tout  pour moi cette fois-ci.

Côté tirages, j'avais trouvé lors de mon dernier voyage quelques jolis tirages vraiment anciens et en bel état dans une petite boutique à droite en montant vers le château, cette fois-ci, même en retournant le stock, je rentre presque bredouille.

Il y a cinq ans, on pouvait trouver pour trois francs six sous de petits tirages argentiques en noir et blanc, présentés sous verre, sur le Pont Saint Charles. Aujourd'hui, c'est bien terminé et il faudra - ou non - se contenter de tirages numériques photoshopés à mort.

Je ne voudrais pas laisser croire que je n'ai eu que des déceptions, loin s'en faut.

L'avantage de loger à Mala Strana, c'est qu'on est à la fois à deux pas de l'atelier Josef Sudek, à deux pas de la Czech Photo Gallery - Ujezd 19 - et sur la bonne rive pour la  Galerie Josefa Sudka - Uvoz 24.

Dans le bel espace de la Czech Photo Gallery , on peut voir en ce moment  - et jusqu'au 13 avril 2013 - Another face of serial killers, une exposition de photographies couleurs de Josef Hnik, variation vraiment impressionnante autour des visages de célèbres tueurs en série.


Le soir où nous entrons à la Galerie Josefa Sudka pour voir les bromographies* de Frantisek Drtikol,  un homme joue de la musique contemporaine sur son violoncelle baroque ; avec ou sans verre de vin tchèque à la main, un pur moment de grâce.


Pour ce qui est de l'atelier de Josef  Sudek, par chance il est fermé en ce moment.

A la faveur du facteur, d'un voisin qui rentre avec son pain, nous franchissons chaque jour la porte close de l'immeuble, ensuite ce n'est rien, forcer avec doigté la grille du jardinet, se glisser doucement à l'intérieur, regarder à travers les fenêtres embuées les tirages au sol dans une petite  poussière, les fleurs fanées, se sentir un peu en faute, être merveilleusement seuls, travailler avec tendresse.

                                                                             © A.

Revenir demain.
Quand la lumière sera autre. 
Être seuls.
Encore une image ou deux.
Avoir peur de se faire gronder
Continuer.
Refermer délicatement la grille. 
Revenir demain. 

* La bromotypie ou bromographie, est un procédé de tirage rotatif industriel de photographie positive sur papier au bromure d’argent. Il se développe à grande échelle à partir des années 30 jusqu’à l’apparition de l’offset dans les années 60.

25.2.13

La Mongolie au Musée Albert Khan

Hier dimanche, tant qu'à affronter encore une rude journée de froid, nous allons au Musée Albert Khan voir les autochromes sur la Mongolie.   ***
Je craque pour ce petit musée qui montre souvent des vitrines remplies d'objets délicieux comme la valise conçue par Louis Vuitton pour les autochromistes - est-ce ainsi qu'on dit ? - avec, en plus des fioles et des alvéoles pour ranger les plaques de verre, le kit pique-nique, ses assiettes et sa gamelle en alu.
La sophistication d'un autre temps, avant que Vuitton ne soit presque totalement réduit à un sigle publicitaire, légèrement vulgaire, au bras des japonaises et des parvenues.

Bref, revenons-en à notre cher Albert et à la Mongolie.


72 autochromes  - des reproductions numériques rétro-éclairées, hein, il ne faut pas exagérer non plus, l'autochrome c'est fragile et d'ailleurs c'était destiné à être projeté - prises par Stéphane Passet lors de deux voyages entre 1912 et 1913, quand voyager et photographier avait un autre sens en termes de temps, de matériel, de confort et de prises de risque, hein, ce n'était pas Martine au Club Med avec son compact numérique ; il suffit pour s'en convaincre de voir les deux seules photographies de l'expédition qui nous sont parvenues, une du campement, l'autre de la carriole ( ?) qui servait de moyen de transport.

L'exposition est complétée par le visionnage jubilatoire d'un film d'actualité réalisé lors de la Croisière Jaune dans les années 30 - un autre sens apporté au mot voyage.

Un bien agréable moment dépaysant et photographique dans un endroit  tiède .
En prime, profitant des jardins, je finis le film test du boitier de Prague.


12 poses à peine, heureusement car il fait un froid de loup.



La Mongolie entre deux ères / 1912-1913
   Musée Albert Khan
  10-14, rue du Port 92100 Boulogne-Billancourt 
  exposition jusqu"au 21 mars 2013
 du mardi au dimanche de 11h à 18h

23.2.13

Prague - bis repetita placent


Samedi prochain, A. et moi, nous serons à Prague.
Rituellement, nous faisons une escapade hors de France à l'occasion de son anniversaire.

Il ne s'agit pas du tout d'un de ces voyages que je consacre à la photographie mais d'une fugue en amoureux...toutefois, n'est-ce pas, il ne m'est pas interdit d'emporter un  petit appareil photo.
Simplement, pas de réveil à l'aube ni de stress.

Notre dernier séjour remonte à cinq ans exactement ; à l'époque, j'avais révisé mon Kafka - que je n'aime pas beaucoup - ses lettres à Milena, puis la bio de Milena etc.
A la fin, j'étais partie avec mon vieux Nikon, j'avais fait une petite série un peu âpre Prague, ton âme mélancolique dont est issue la photo ci-dessous que j'ai retrouvée hier en faisant un peu d'archivage.

Portrait de Franz à Prague - 2008




Cette fois-ci, je pars avec un vieux 6x6 et je prie pour qu'il neige.

Je suis preneuse de tout ce que vous voudrez bien partager avec moi comme adresses et bon plans, que ce soit en photographie, en visite, en shopping, en petits restaurants et autres salons de thé.

22.2.13

Tandis que ça rince...

Une à deux fois par mois en moyenne, je viens camper quelques jours à l'atelier.
Souvent A. m'accompagne.

C'est moyennement confortable au niveau du couchage mais j'aime beaucoup ces petites parenthèses qui rompent mon quotidien parisien et me rappellent l'époque bénie où c'était un lieu que je ne partageais encore avec personne.

Je veux dire avant que ça ne devienne l'Atelier de L'Oeil de l'Esprit.

Je crois que beaucoup seront d'accord avec moi si je dis que le plus difficile pour la création c'est le temps fractionné ; deux heures ici et là dans la semaine ne valent pas une journée, c'est bien connu.

Rien d'aussi précieux donc que quelques journées coupée du monde pour travailler.

Et, en ce moment, j'en ai bien besoin car je prépare l'exposition du Fort Napoléon à la Seyne-sur-Mer.
Le lieu, un ancien fort comme son nom l'indique, est vraiment vaste et pour la première fois ma série Une femme française en Orient sera présentée au public dans sa totalité.

55 photographies. 

© Jean-Christophe Vila*

C'est assez motivant mais, du coup, il y a pas mal de tirages à faire d'ici le mois de mai et j'ai commencé tranquillement pour ne pas tout faire dans l'urgence en m'angoissant au dernier moment.

Par ailleurs, seront exposés les polaroïds originaux de Journées tunisiennes et, exceptionnellement, nous avons choisi de montrer aussi des pièces plus intimes, des planches-contacts, des carnets de notes etc et en faire la sélection occupe déjà une partie de mon temps.

Comme on sait, en argentique, tout est un petit peu long.
Mes séléniums de ce matin ont fini de rincer.
J'y retourne.


Une femme française en Orient
Galerie du Fort Napoléon
83500 La Seyne-sur-Mer
Exposition du 17 mai au 29 juin 2013

*Avec l'aimable autorisation de l'artiste

9.2.13

Enfin !

Si parfois j'ai trouvé le temps de la photographie argentique un peu lent et celui des pratiques dites anciennes plus lent encore, c'était avant d'être confrontée à celui de l'image qui bouge.

Que ce soit en fiction ou en documentaire, dès que la camera tourne, c'est patience et longueur de temps.

 Je suis donc particulièrement heureuse de pouvoir vous annoncer aujourd'hui la sortie en DVD du film d'Adrian Claret-Pérez  "Lluis Claret - Master Class à l'Abbaye" dont vous avez pu suivre ici-même les premiers pas, de l'appel à souscription à la projection privée en passant par le tournage en 2011.

Vous pouvez vous procurer ce beau documentaire qui parle d'un sujet aussi universel que la transmission  - et encourager la création - en cliquant ci-dessous

1.2.13

Jour de fête

Je dois l'avouer, certains jours, je suis une prof éhontément gâtée.

Ce matin, par exemple, j'ai rendez-vous avec Ingrid Milhaud - j'espère que le lecteur veut bien se souvenir d'elle - et, entre la tasse de café et les viennoiseries qui accompagnent rituellement le petit résumé de la semaine photographique de l'élève, surgissent comme par magie deux cadeaux magnifiques.

Je veux dire qu'ils sont magnifiques en soi mais aussi à mes yeux par ce qu'ils témoignent d'affectueuse attention.

Le premier est un très beau tirage 20x20 de la photo ci-dessous, signé, numéroté et tout :


© Ingrid Milhau 2011

C'est une image qui m'a tout de suite enchantée quand je l'ai vue, je pense, par cette adéquation subtile entre le sujet et le cadre et toute cette brise tiède qu'on peut sentir circuler dans l'espace central et qui semble faire flotter la jupe.
Sa réalisation est assez tardive dans la série L'été avant l'orage et elle est tout de suite devenue ma préférée.

Quand je dis que je suis éhontément gâtée, c'est que j'ai la chance de posséder déjà un tirage d'Ingrid, une image que j'aime également beaucoup, qu'elle m'avait offert en juin dernier lorsqu'elle a reçu le Prix du Paysage intérieur à la Foire de Bièvres et qui est accrochée à l'Atelier.

L'autre cadeau, très différent mais qui me touche aussi infiniment - parce que j'en avait envie depuis assez longtemps - est un passe-vue 6x6 sans verre ; sans verre, ça veut dire qu'on peut facilement l'altérer.

Et franchement, il est beau comme....une paire de Repetto !



Enfin, disons que ça m'a fait le même effet.

Et puisque j'y suis à vous parler d'Ingrid, je suis fière et heureuse de  vous annoncer que vous pouvez voir une partie de son travail chez Demi-Teinte* puisque nous partageons actuellement la même galerie à Paris ; ce qui est, comme vous pouvez facilement l'imaginer, une belle satisfaction pour toutes les deux.



* Demi-Teinte - 8 rue Mayran - 75009 Paris - M° Cadet. Du lundi au vendredi 9h-12h30 et 13h30 18h30

11.12.12

C'est fini pour cette fois

De retour à Paris, voici quelques lignes pour me faire pardonner mon laconisme de ces derniers jours bien qu'au fond ça commence mal car j'ai tout de suite renoncé à dire quoi que ce soit  sur Rome afin d'épargner au lecteur la liste de pauvres superlatifs qui me vient à l'esprit quand toute la littérature de Stendhal à Henry James est riche d'écrits plus sensibles et magnifiques les uns que les autres.
En résumé donc, j'ai été enchantée par Rome - malgré la froidure et le temps somme toute très parisiens - et, faute de pouvoir m'y installer pour un trimestre, j'espère y faire une nouvelle escapade très bientôt.


Pour ce qui est de la photographie, j'ai eu des hauts et des bas, non par manque d'inspiration mais parce que le boitier de ma nouvelle série s'est avéré ne pas supporter l'hiver romain.
Qu'on imagine donc, à 8° avec un petit soleil sur le capot, tout fonctionne à merveille mais que je stationne à l'ombre et voilà que je ne peux plus réarmer - et j'en viens assez vite à regretter mon précédent boitier en plastique, certes seulement 2 diaphragmes et une vitesse unique mais aucun état d'âme.
Le pire a été le temps qu'il nous a fallut à A. et moi pour comprendre ce qui ce passait vraiment et comment après avoir fonctionné parfaitement au Caffé Greco vingt minutes plus tard impossible de lui arracher trois images successives et que mettre des piles neuves ne suffirait pas  - si vous cherchez des piles neuves de type 357A à Rome, bonne chance,  mon mail est en bas de page* - et que je serai bonne pour l'envoyer en révision à mon retour.

Bref l'horreur !
Un grand merci à Marco Barbon pour son soutien amical et ses adresses dans ces moments difficiles et toute ma reconnaissance à Hervé Thurel / Focale 22 sans les précieux conseils de qui je serais rentrée bredouille et affreusement triste - le shopping chez Missoni ne pouvant pas consoler de tout.

Après quoi, nous avons mis en place des techniques de sioux, du genre le boitier dans un cachemire au fond du sac, je ne le sors que lorsque je suis bien sûre du cadre, s'il fait soleil, je peux faire 4 ou 5 photos, ensuite, je file aux toilettes pour dames, je le mets sous le sèche-mains quelques minutes et je repars en courant vers le motif, je refais quelques images et je retourne aux WC.
S'il pleut - et il a plu vraiment - A. tient le parapluie et après chaque photo, je dois débloquer l'electro-aimant avec la pointe d'un Bic.
La plupart du temps il pleut à verse, les autres jours la température oscille entre 3 et 5°
Nous avons bien essayé de trouver ces sortes de petits sachets de gel auto-chauffants qu'on utilise en montagne mais, apparemment, c'est impossible

A. est là, formidable de fidélité et de patience.

Parfois, mon amour de la photographie argentique
 touche à ses limites,
je l'avoue.  
Le reste du temps j'adore ça !

Demain, je porte les films à Demi-Teinte.
Gageons que tous ces efforts n'aurons pas été  vains.

* contact (a) flore.ws



5.12.12

Repartir, quel plaisir !

Ainsi, finalement je continue, bon an mal an, cette idée de série qui me ramène une nouvelle fois en Italie.
Aujourd'hui Rome




21.11.12

Paris Photo 2012

J'avais, je l'avoue, quelques appréhensions quant à la tendance que révélerait l'édition Paris-Photo de cette année et je m'attendait à ce que la nouvelle direction infléchisse clairement dans le sens de l'Art Contemporain au détriment de celui de la photographie ; ce n'est pas que je sois dans les petits papiers de Julien Frydman mais c'était ce qui se murmurait plus ou moins fort ces temps derniers.

De surcroit, lorsque, A. et moi, nous avons enfin pu nous libérer dimanche, j'avais déjà eu les retours de la moitié de mon entourage et, franchement, ce n'était guère motivant.

Au final, nous avons passé une grosse après-midi à arpenter les allées et même si, sur la fin, ça ressemblait un peu aux trottoirs du Caire, j'ai vu le verre à moitié plein et assez de choses qui m'ont intéressée pour rentrer réjouie.

Ok, il y avait du grand format numérique en couleur.
Mais pas que.
J'ai trouvé aussi de minuscules tirages argentiques en noir et blanc abstraits ; ça m'a rappelé les après-midi que mon galeriste de l'époque Jean-Pierre Lambert passait à me montrer les tirages abstraits de sa collection.
Il a ouvert mon esprit à cette forme de photographie à laquelle je n'avais pas été initiée.
Qu'il soit ici remercié.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé qu'il y en avait pour tous les goûts et un peu aussi pour toutes les bourses même si, pour notre part, nos goûts sont visiblement sans lien  aucun avec notre bourse.
A. aurait volontiers ramené le grand Doug & Mike Starn, n'étaient les 72000 dollars qu'en demandait gentiment le galeriste.

J'ai vu ou revu des œuvres vraiment magnifiques et j'ai été touchée maintes fois mais mon coup  de coeur absolu aura été pour les tirages de Jean-Michel Fauquet à la Galerie VU'.

Jean-Michel Fauquet, Sans Titre, 2010
© Jean-Michel Fauquet, courtesy Galerie VU'
Quand je dis coup de cœur, je devrais plutôt dire coup au cœur tellement l'impression ressentie a été saisissante et profonde.
C'est assez difficile à partager ici parce qu'il ne s'agissait pas seulement des images ou du sujet dans l'image mais vraiment en grande partie des tirages ; ça ne m'était jamais arrivé avant d'avoir les larmes aux yeux devant un tirage...

Et là, si vous regardez les repros sur votre écran, ça ne va pas vous éclairer c'est sûr.


10.11.12

Anté-Numérique, le vernissage

Donc, vendredi était jour de vernissage pour mes camarades de l'exposition collective Anté-Numérique et moi-même.
J'avoue ici avec plaisir que, même dans les conditions particulières de ce Mois de la Photo où les préviews, les vernissages et les finissages se succèdent et se superposent, c'était une soirée réussie.
Le public était au rendez-vous, présent dès avant l'ouverture et nous quittant fort tard.


La vodka Fair Spirit coulait d'un flot continu empourpré par le jus de cranberry et presque tous les êtres qui me sont chers semblaient s'être donné rendez-vous pour me témoigner leur affection malgré la froidure humide et le peu d'images que je montrais.



Qu'ils en soient ici chaleureusement remerciés,
ainsi que tous ceux qui m'ont écrit leur soutien amical.


Anté-Numérique 
Atelier Tozf
23 Rue Godefroy Cavaignac
75011 Paris
Tel : 01 43 72 41 31
Exposition du 9 au 18 novembre 2012
Entrée libre
Ouvert tous les jours de 12h à 19h

3.11.12

Hötel de Sauroy - Thanks to Luigi Ghirri...

Vendredi soir, après le labo, je me fais pimpante et, avec A., nous filons à l'Hötel de Sauroy pour le vernissage preview de deux expositions collectives qui s'inscrivent dans le cadre du Mois de la Photo, "Le temps des lucioles" et Thanks to Luigi Ghirri à laquelle participe Marco Barbon dont vous avez déjà entendu parler dernièrement ici-même.
J'ai toujours grand plaisir à voir ses images et sa production est assez riche pour que j'en découvre souvent de nouvelles.
Aux murs, une douzaine de photographies de formats variés et toujours la vision délicate et la belle palette qui caractérisent son travail.
J'emporterais bien l'ensemble mais s'il fallait choisir, cette fois-ci, ma préférence irait à un grand tirage (si si) jaune d'or qui représente, sur un fond de tapisserie à motifs, deux petits fauteuils recouverts de velours fleuri de part et d'autre d'une modeste table basse.

                                                       © Marco Barbon


Le tout me va droit au cœur.

Pour comprendre l'origine de mon attachement aux photographies de Marco Barbon, je crois qu' il faut connaitre un peu la genèse de ma dernière série.
Les photos d'Une femme française en Orient, si elles tendant à donner l'illusion d'être les photos-souvenirs d'une femme française voyageant, en un temps indéfini, autour du bassin méditerranéen à la recherche de ce qui lui parait être l'Orient, ne sont en aucun cas mes propres photos-souvenirs ; elles ont été arrachées une à une, le plus souvent dans la douleur à des conditions de vie assez sommaires pour que je souffre de la flagrante dychotomie entre ce que je vivais au quotidien et les images que je souhaitais montrer telles qu'elles sont aujourd'hui.

Les fidèles de ce blog pourraient faire un guide des taudis du Magreb et du Moyen-Orient rien qu'en me relisant et j'ai connu tant de petits fauteuils jaunes que la photo ci-dessus me semble avoir été faite dans ma chambre.

La grâce vient de ce que, ces lieux, cette misère, que je vivais si mal, Marco Barbon, par la tendresse de son regard, m'en montre la touchante beauté et, par là même, il offre un nouveau décor à mes souvenirs.

Ce décor est plus vrai que vrai d'une part parce que sa beauté le rend tel tel que je l'aurais souhaité, d'autre part parce que si les souvenirs s'efface peu à peu, les images restent.
Lorsque je les regarde, ses photos me semblent le making off rêvé de mon propre voyage et le charme est si parfait qu'il fonctionne, par une sorte de système de vase communiquant, même lorsqu'il s'agit de lieux inconnus de moi - comme Asmara - en me donnant l'illusion d'y être allée.

Imaginez si quelqu'un réalisait une fiction de vos souvenirs...
C'est l'impression que j'ai.

Le reste de mes joies va plutôt à l'exposition "Le temps des lucioles" dans l'autre aile de l'hôtel.
Mais j'en parlerai demain. 


Thanks to Luigi Ghirri & Italian Emerging Photography
Luigi Ghirri  & Marco Barbon, Ottavia Castellina, Margherita Cesaretti,
Alessandro Imbriaco, Claudia Pozzoli, Susanna Pozzoli
Commissaire Laura Serani

Hôtel de Sauroy 
58 rue Charlot – Paris 75003
3 novembre – 1er décembre 2012 
mardi-mercredi-vendredi-samedi et dimanche 14.00 – 19.00 h
jeudi 14.00 – 21.00 h

2.11.12

Noël en novembre

Depuis hier, je suis l'heureuse détentrice d'un superbe tirage de Marco Barbon.
J'imagine que c'est un des grands privilèges de l'artiste que de pouvoir monter une petite collection sur la base d'échanges avec des confrères ou consœurs.
Je me souviens que choisir UNE image dans cette œuvre riche et vaste avait été un dilemme presque racinien !

  Au final, je me suis décidée pour cette photo issue de la série Asmara Dream.

                                                                       © Marco Barbon
                                                                                                                                               
Lundi, je fonce chez l'encadreur.

Aux plus curieux d'entre vous, je signale que des photographies de Marco Barbon seront visibles à l'Hôtel de Sauroy, dans le cadre du Mois de la Photo, du 3 novembre au 1er décembre 2012.

26.10.12

Exposition Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat

C'est le cadeau que je me suis fait à moi-même cette semaine, aller voir l'exposition de Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat.
Je suis une admiratrice fervente de son travail mais je ne le connaissais qu'au travers des livres - sa dernière exposition en France remontant à une vingtaine d'année, je crois - je n'avais jamais vu de tirages.

On n'imagine pas un lieu, un galeriste, je devrais dire un hôte, mieux appropriés pour recevoir ces images.

Une soixante de photographies de toutes tailles et de toutes sortes, oniriques, mystérieuses et servies par cet accrochage en mosaïque si cohérent dans cette galerie-boudoir ; l'ensemble m'a saisie au cœur tant il révèle de l'auteur.

Des épingles, des bandes de scotch, des cadres sans verres où baillent des tirages magnifiques barrés par la signature, des cadres sans tirages, comme autant de signes de la présence de l'artiste en  son absence.

A. et moi, nous nous agenouillons volontiers pour découvrir les images les plus basses.
Nous repartons enchantés et conquis.


Mon plaisir a été décuplé, je le confesse, par l'accueil et certainement la personnalité même de Serge Aboukrat qui nous a reçu avec autant de grâce, de disponibilité et de courtoisie que si nous étions attendus chez lui.
Et, c'est assez rare pour le signaler, ne semble même pas déçu lorsqu'il apprend que je suis photographe et non pas l’acheteuse potentielle dont rêve tout galeriste - ou s'il l'est le cache c'est avec une élégance charmante.


De surcroît, en tant que photographe, j'envie à Déborah Turbeville un galeriste qui accueille sa créativité de d'artiste à bras ouverts, si j'ose dire.

Une exposition à ne pas manquer en cette rentrée très riche.


Mois de la Photographie

Unseen Versailles 
Photographies de Deborah Turbeville 

Galerie Serge Aboukrat
7, place Furstenberg 
75006 Paris

Exposition du 17 octobre au 31 janvier 2012

25.10.12

Anté-Numérique - Exposition vente à l'Atelier Tozf

A l’occasion de Paris Photo, le Studio TOZF organise Anté-Numérique, une expo-vente en collaboration avec les laboratoires les plus prestigieux de Paris et d’ailleurs.
Le thème de cette exposition portera sur les tirages photographiques traditionnels et alternatifs.
Alternatifs


Alternative
J'aime bien cette idée d'un autre possible.
Tandis que certains - suivez mon regard - tentent de nous convaincre que "hors du grand tirage numérique en couleurs" il n'y point de salut, il est bon aussi de voir qu'un lieu aussi réputé que l'Atelier Tozf prend la peine d'organiser une exposition parfaitement à contre-courant de cette tendance hégémonique.
Ceux qui me connaissent comprendront facilement combien je suis reconnaissante à mon galeriste Jean-Pierre Haie de m'avoir choisie pour représenter Demi-Teinte.

En complément, je vous livre le très beau texte de Didier Brousse :

La photographie est, de façon primordiale, une «sun picture», comme le disait Fox Talbot, l’un de ses inventeurs. Une image formée par la lumière, dans un piège optique (la camera obscura) et chimique (les sels d’argent développés et fixés). Ce qui nous fascine dans ce piège, c’est son autonomie (The Pencil of Nature :la nature se peint elle même), la maîtrise de l’image nous échappe, et quelque chose de la vérité, de l’âme des choses, est ici enfermée.
Cette absence de maîtrise est un piège délicieux, qui permet à quelque chose de plus grand que ce que nous imaginions de se manifester. Un mystère.
Le numérique nous permet un contrôle de l’image que nous pouvons retravailler à notre fantaisie. C’est ce que l’on appelle, je pense, de l’art graphique. Ce n’est plus tout à fait de la photographie, de la «Sun Picture».
Les tireurs qui travaillent avec leurs mains en coquille sous les rayons de l’agrandisseur pour retenir et brûler, puis plongent dans le révélateur, agitent, chauffent les blancs qui tardent à monter, sont les acteurs d’un théâtre où l’on ne rejoue jamais deux fois le même texte avec le même succès.
L’image est là. Avec ses qualités toujours incertaines. Qu’il faut laisser mûrir.
Quel délice lorsqu’on la revoie après les années passées.
Car c’est une chose étrange : on ne sait pas ce qu’est la perfection. On essaie d’y atteindre, et, lorsqu’on travaille sur un tirage, on est sensible à des détails minuscules de lumière, que l’on ne discerne plus le lendemain. Mais cette quête menée à tâtons tire sans doute vers une certaine excellence, car, oui, les années passées, il arrive qu’on admire sa propre besogne.
J’ai beaucoup tiré. Je connais l’intimité avec une image que cela procure. Aussi forte parfois que celle du photographe.
Mais il faut avoir mis les mains dans les rayons de lumière et dans la chimie. Sinon, on ne voit rien. Ou on se laisse prendre aux apparences trop immédiates, que l’on n’a pas eu le temps et la chance de voir naître au fil des minutes dans la pénombre.
La technique d’impression numérique peut approcher, dépasser peut être cette qualité. Peu importe. Le décisif, le vivant, c’est la non maîtrise et l’incertitude, qui laissent une chance au monde des choses visibles d’exister dans nos images.
                                                                                                 
Didier Brousse (Galerie Camera Obscura)
Septembre 2012
Anté-Numérique 

Atelier Tozf
23 Rue Godefroy Cavaignac
75011 Paris
Tel : 01 43 72 41 31

Vernissage le 9 novembre à partir de 17h 
Exposition du 9 au 18 novembre 2012
Entrée libre
Ouvert tous les jours, dimanche inclus, de 12h à 19h