3.11.12

Hötel de Sauroy - Thanks to Luigi Ghirri...

Vendredi soir, après le labo, je me fais pimpante et, avec A., nous filons à l'Hötel de Sauroy pour le vernissage preview de deux expositions collectives qui s'inscrivent dans le cadre du Mois de la Photo, "Le temps des lucioles" et Thanks to Luigi Ghirri à laquelle participe Marco Barbon dont vous avez déjà entendu parler dernièrement ici-même.
J'ai toujours grand plaisir à voir ses images et sa production est assez riche pour que j'en découvre souvent de nouvelles.
Aux murs, une douzaine de photographies de formats variés et toujours la vision délicate et la belle palette qui caractérisent son travail.
J'emporterais bien l'ensemble mais s'il fallait choisir, cette fois-ci, ma préférence irait à un grand tirage (si si) jaune d'or qui représente, sur un fond de tapisserie à motifs, deux petits fauteuils recouverts de velours fleuri de part et d'autre d'une modeste table basse.

                                                       © Marco Barbon


Le tout me va droit au cœur.

Pour comprendre l'origine de mon attachement aux photographies de Marco Barbon, je crois qu' il faut connaitre un peu la genèse de ma dernière série.
Les photos d'Une femme française en Orient, si elles tendant à donner l'illusion d'être les photos-souvenirs d'une femme française voyageant, en un temps indéfini, autour du bassin méditerranéen à la recherche de ce qui lui parait être l'Orient, ne sont en aucun cas mes propres photos-souvenirs ; elles ont été arrachées une à une, le plus souvent dans la douleur à des conditions de vie assez sommaires pour que je souffre de la flagrante dychotomie entre ce que je vivais au quotidien et les images que je souhaitais montrer telles qu'elles sont aujourd'hui.

Les fidèles de ce blog pourraient faire un guide des taudis du Magreb et du Moyen-Orient rien qu'en me relisant et j'ai connu tant de petits fauteuils jaunes que la photo ci-dessus me semble avoir été faite dans ma chambre.

La grâce vient de ce que, ces lieux, cette misère, que je vivais si mal, Marco Barbon, par la tendresse de son regard, m'en montre la touchante beauté et, par là même, il offre un nouveau décor à mes souvenirs.

Ce décor est plus vrai que vrai d'une part parce que sa beauté le rend tel tel que je l'aurais souhaité, d'autre part parce que si les souvenirs s'efface peu à peu, les images restent.
Lorsque je les regarde, ses photos me semblent le making off rêvé de mon propre voyage et le charme est si parfait qu'il fonctionne, par une sorte de système de vase communiquant, même lorsqu'il s'agit de lieux inconnus de moi - comme Asmara - en me donnant l'illusion d'y être allée.

Imaginez si quelqu'un réalisait une fiction de vos souvenirs...
C'est l'impression que j'ai.

Le reste de mes joies va plutôt à l'exposition "Le temps des lucioles" dans l'autre aile de l'hôtel.
Mais j'en parlerai demain. 


Thanks to Luigi Ghirri & Italian Emerging Photography
Luigi Ghirri  & Marco Barbon, Ottavia Castellina, Margherita Cesaretti,
Alessandro Imbriaco, Claudia Pozzoli, Susanna Pozzoli
Commissaire Laura Serani

Hôtel de Sauroy 
58 rue Charlot – Paris 75003
3 novembre – 1er décembre 2012 
mardi-mercredi-vendredi-samedi et dimanche 14.00 – 19.00 h
jeudi 14.00 – 21.00 h

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