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18.3.13

Foire Photo de Chelles 2013

Un peu dur de se lever tôt encore dimanche pour faire un saut jusqu'à sur ce marché de l'occasion qu'est la Foire de Chelles. A vrai dire, ne cherchant rien de particulier sauf un introuvable filtre orange de 27 mm de diamètre, je n'était pas follement motivée et jeter un œil sur le temps par la fenêtre m'encourageait plutôt à retourner me fourrer sous la couette.
Heureusement, j'avais eu la judicieuse idée de donner rendez-vous en bas de chez moi, sans quoi j'eusse certainement renoncé.
 

Et, à vrai dire, c'eût été dommage car une fois sur place, notre passion commune l'ayant emporté,  nous avons passé un fort bon moment et trouvé chacun de jolies bricoles.
Pour ma part, je suis maintenant à la tête d'un bataillon de chassis-presse dont deux en aluminium fabriqués dans les années 20-30 comme je n'en avais jamais vus auparavant et que je trouve absolument superbes (en voici un ci-contre présenté avec une photographie tchèque ancienne).
*
 

J'ai aussi rempli ma mission qui consistait à trouver un 13x18 pour mon élève Clémentine qui s'est récemment mise au cyanotype.
Il est assez attachant - le chassis-presse - en bois roux, avec ses attaches arrières en cuivre et Eastman Kodak écrit au dos.
(ci-contre un de ses cyanotypes réalisé d'après une plaque de verre).





Du coup, à la maison, plus tard c'était atelier bricolage ; poncer, nettoyer, patiner en écoutant du jazz  m'a gaiement occupée le temps de l'apéritif.


Je crois n'avoir rien trouvé d'autre.
Sauf l'adresse d'un couple à Troyes qui vend des petites bassines de labo en porcelaine.


* Collection privée

13.3.13

Vague blanche pour la Syrie

 Un être humain est libre, non quand l'autre ne l'est pas, mais quand l'autre l'est aussi.*


© Sarah Moon
 
Vendredi 15 mars de 19h à 19h30 
auront lieu, en France et à l'étranger de nombreux rassemblements en soutien à la population syrienne qui fait face à la répression sanglante organisée par le régime de Bachar el-Assad.

A Paris, ce rassemblement aura lieu face au Panthéon.

Si les souffrances infligées au peuple syrien vous émeuvent et vous révoltent,
n'hésitez pas à vous joindre à nous pour en témoigner.

La  Vague Blanche - à l'initiative d'une cinéaste Béatrice Soulé et d'une photographe Sarah Moon - c’est d’abord 20 films de deux minutes, avec des images envoyées par les Syriens pour témoigner de leur quotidien. Ce sont aussi des photographies de Sarah Moon de personnalités en noir et blanc qui portent  une banderole, sur laquelle est inscrit stop en lettres capitales.
 
Vous pouvez vous aussi envoyer votre propre photo, qui sera ensuite mise en ligne sur le site.

* Eli Wiesel


12.3.13

Un temps de labo



Printemps 1998 *


Dans une autre vie, j'ai photographié quelques femmes qui me touchaient beaucoup.

Une de ces images circulait dernièrement sur internet via le Facebook de la Galerie 127 dans le cadre de l'exposition Portrait(s) de femme(s).

En général, les seules photos auxquelles je m’intéresse sont les dernières que j'ai faites, je crois que j'oublie les autres au fur et à mesure et ainsi la vie va, une série chassant l'autre dans mon cœur et dans mes pensées.
Voir aujourd'hui ressurgir des photographies, des tirages, faits il y a si longtemps me donne une impression étrange ; ça éclaire un petit pan de passé tombé dans l'oubli, c'est assez émouvant.

 Du coup, je suis allée farfouiller dans mes négatifs,
je me suis remise au labo,
en voici une autre de la même période et du même modèle.

Elle est une des personnes qui m'a le plus inspirée,
que j'ai eu le plus de joie à photographier 



 * Tirage argentique sur papier Kentmere Art Classic. Format 24x30. Édition de 3. Signé et daté 2013 au dos.
Galerie Demi-Teinte / Paris

8.3.13

50eme Foire à la Photographie de Bièvres

Le premier week-end de juin, se déroulera la Foire à Photographie de Bièvres et, comme chaque année, le dimanche, le Marché aux Artistes donnera lieu à un concours.

Je suis heureuse d'avoir été choisie
 à l'occasion du 50eme anniversaire
 pour en présider le jury.


Ayant bien conscience que mes goûts personnels influeront sur les prix remis cette année mais désireuse de constituer un jury légitime et équilibré, je me suis entourée de personnes aux compétences et aux horizons multiples.
Donc pour m'accompagner ce jour-là, Marie-Noëlle Leroy, grande spécialiste française du sténopé et enseignante, Marta Niedzwiecka, agent de photographe à l'agence Picture Tank, Oliver Bourgoin fondateur de l'Agence Révélateur et Adrian Claret-Pérez, réalisateur et enseignant.

J'espère qu'ainsi réunis nous motiverons la candidature de certains photographes qui, peut-être autrement,  n'auraient pas envisagé ou pas pensé à concourir.

En tant que responsable pédagogique de l'Atelier de l'Oeil de l'Esprit, j'ai présenté trois élèves à ce concours ; à ma grande fierté, elles ont toutes les trois étaient primées.
Je connais assez bien cette manifestation et les photographes qu'on peut y retrouver année après année, en tant que présidente du prochain jury, je nous souhaite vivement d'avoir la chance de découvrir et de soutenir des talents nouveaux, de jeunes auteurs ardemment engagés dans la recherche d'une photographie personnelle.

Il serait faux de présumer de mes goûts au vu de mon propre travail, j'aime trop profondément la photographie pour ne pas l'embrasser très largement, de Robert Capa à Joël-Peter Witkin en passant par Nan Goldin ou Saul Leiter - pour ne citer les premiers qui me passent par la tête - et j'espère vraiment être étonnée, bousculée ou conquise et pouvoir récompenser au coup de cœur plutôt que par défaut

Comment le dire mieux ?
Je vous attends.


6.3.13

Petites histoires pragoises

De retour de Prague hier soir fort tard.
Voici quelques nouvelles moins laconiques de ce petit séjour.

Moins laconiques et photographiques :

Passés dès le premier jour chez FotoSkoka, genre pèlerinage ; je ne sais pas à quoi je m'attendais - une sorte de caverne d'Ali-Baba emplie de pochettes de papiers bleus inconnus sans doute - mais devant le petit mètre linéaire consacré à l'argentique - on se serait cru chez Prophot - j'ai failli fondre en larmes de déception.


Rien acheté, c'est tout dire !
En plus le vendeur était peu amène, pour ne pas dire désagréable.

Pour être franche, au rayon occasions, il y avait bien quelques tentations mais je ne me suis pas vue acheter un boitier inconnu à un vendeur m'expliquant en tchèque son fonctionnement. J'ai bien été tentée un instant par un Pentacon (60 euros) mais au fond je crois que je fais un nouveau blocage sur les vieux boitiers mal-pratiques au rendu plus ou moins flou.

D'ailleurs, à la fin, je suis partie à Prague avec mon Nikon.
C'était le bonheur.

Vingt mètres plus loin, sur le trottoir d'en face, une jolie boutique pleine à craquer de matériel d'occasion mais les objets de rêve, genre petite lampe à pétrole à verre rouge pour chambre noire sont juste en présentation.

  
 Je déniche quand même un ravissant et minuscule déclencheur souple  - 2 euros.
Ce sera tout  pour moi cette fois-ci.

Côté tirages, j'avais trouvé lors de mon dernier voyage quelques jolis tirages vraiment anciens et en bel état dans une petite boutique à droite en montant vers le château, cette fois-ci, même en retournant le stock, je rentre presque bredouille.

Il y a cinq ans, on pouvait trouver pour trois francs six sous de petits tirages argentiques en noir et blanc, présentés sous verre, sur le Pont Saint Charles. Aujourd'hui, c'est bien terminé et il faudra - ou non - se contenter de tirages numériques photoshopés à mort.

Je ne voudrais pas laisser croire que je n'ai eu que des déceptions, loin s'en faut.

L'avantage de loger à Mala Strana, c'est qu'on est à la fois à deux pas de l'atelier Josef Sudek, à deux pas de la Czech Photo Gallery - Ujezd 19 - et sur la bonne rive pour la  Galerie Josefa Sudka - Uvoz 24.

Dans le bel espace de la Czech Photo Gallery , on peut voir en ce moment  - et jusqu'au 13 avril 2013 - Another face of serial killers, une exposition de photographies couleurs de Josef Hnik, variation vraiment impressionnante autour des visages de célèbres tueurs en série.


Le soir où nous entrons à la Galerie Josefa Sudka pour voir les bromographies* de Frantisek Drtikol,  un homme joue de la musique contemporaine sur son violoncelle baroque ; avec ou sans verre de vin tchèque à la main, un pur moment de grâce.


Pour ce qui est de l'atelier de Josef  Sudek, par chance il est fermé en ce moment.

A la faveur du facteur, d'un voisin qui rentre avec son pain, nous franchissons chaque jour la porte close de l'immeuble, ensuite ce n'est rien, forcer avec doigté la grille du jardinet, se glisser doucement à l'intérieur, regarder à travers les fenêtres embuées les tirages au sol dans une petite  poussière, les fleurs fanées, se sentir un peu en faute, être merveilleusement seuls, travailler avec tendresse.

                                                                             © A.

Revenir demain.
Quand la lumière sera autre. 
Être seuls.
Encore une image ou deux.
Avoir peur de se faire gronder
Continuer.
Refermer délicatement la grille. 
Revenir demain. 

* La bromotypie ou bromographie, est un procédé de tirage rotatif industriel de photographie positive sur papier au bromure d’argent. Il se développe à grande échelle à partir des années 30 jusqu’à l’apparition de l’offset dans les années 60.

25.2.13

La Mongolie au Musée Albert Khan

Hier dimanche, tant qu'à affronter encore une rude journée de froid, nous allons au Musée Albert Khan voir les autochromes sur la Mongolie.   ***
Je craque pour ce petit musée qui montre souvent des vitrines remplies d'objets délicieux comme la valise conçue par Louis Vuitton pour les autochromistes - est-ce ainsi qu'on dit ? - avec, en plus des fioles et des alvéoles pour ranger les plaques de verre, le kit pique-nique, ses assiettes et sa gamelle en alu.
La sophistication d'un autre temps, avant que Vuitton ne soit presque totalement réduit à un sigle publicitaire, légèrement vulgaire, au bras des japonaises et des parvenues.

Bref, revenons-en à notre cher Albert et à la Mongolie.


72 autochromes  - des reproductions numériques rétro-éclairées, hein, il ne faut pas exagérer non plus, l'autochrome c'est fragile et d'ailleurs c'était destiné à être projeté - prises par Stéphane Passet lors de deux voyages entre 1912 et 1913, quand voyager et photographier avait un autre sens en termes de temps, de matériel, de confort et de prises de risque, hein, ce n'était pas Martine au Club Med avec son compact numérique ; il suffit pour s'en convaincre de voir les deux seules photographies de l'expédition qui nous sont parvenues, une du campement, l'autre de la carriole ( ?) qui servait de moyen de transport.

L'exposition est complétée par le visionnage jubilatoire d'un film d'actualité réalisé lors de la Croisière Jaune dans les années 30 - un autre sens apporté au mot voyage.

Un bien agréable moment dépaysant et photographique dans un endroit  tiède .
En prime, profitant des jardins, je finis le film test du boitier de Prague.


12 poses à peine, heureusement car il fait un froid de loup.



La Mongolie entre deux ères / 1912-1913
   Musée Albert Khan
  10-14, rue du Port 92100 Boulogne-Billancourt 
  exposition jusqu"au 21 mars 2013
 du mardi au dimanche de 11h à 18h

23.2.13

Prague - bis repetita placent


Samedi prochain, A. et moi, nous serons à Prague.
Rituellement, nous faisons une escapade hors de France à l'occasion de son anniversaire.

Il ne s'agit pas du tout d'un de ces voyages que je consacre à la photographie mais d'une fugue en amoureux...toutefois, n'est-ce pas, il ne m'est pas interdit d'emporter un  petit appareil photo.
Simplement, pas de réveil à l'aube ni de stress.

Notre dernier séjour remonte à cinq ans exactement ; à l'époque, j'avais révisé mon Kafka - que je n'aime pas beaucoup - ses lettres à Milena, puis la bio de Milena etc.
A la fin, j'étais partie avec mon vieux Nikon, j'avais fait une petite série un peu âpre Prague, ton âme mélancolique dont est issue la photo ci-dessous que j'ai retrouvée hier en faisant un peu d'archivage.

Portrait de Franz à Prague - 2008




Cette fois-ci, je pars avec un vieux 6x6 et je prie pour qu'il neige.

Je suis preneuse de tout ce que vous voudrez bien partager avec moi comme adresses et bon plans, que ce soit en photographie, en visite, en shopping, en petits restaurants et autres salons de thé.

20.12.12

C'est bientôt fini

Hier, un de ces après-midi de shopping d'avant Noël qui vous laissent sur les genoux, pour tout arranger il pleut.
Avant de fondre en larmes devant une vendeuse, je m'offre une pause à la Galerie VU' - dommage qu'ils ne fassent pas salon de thé - pour voir Suite l'exposition de Richard Dumas avant qu'il ne soit trop tard.*

Une de ces  mille choses que je m'étais promises de faire avant la fin de l'année.
Voilà, c'est fait.
Je raye sur ma liste. 

A voir parce que.
Tout le monde dit que c'est vraiment formidable.
Et dans les diners en ville, de quoi vous auriez l'air ?
Un type qui tire  lui-même - encore  ? - sur de l'Agfa MCC 111, ce n'est pas si courant, n'est pas ?!

A voir si.
Vous passez par là.
La tête de Kate Moss sur toutes les pubs ne vous a pas suffit, vous en redemandez encore.
A voir sauf si.
Vous connaissez déjà son splendide portrait de Keith Richards et sa magnifique photo de la statue de Giacometti sur fond d'arbres nus. 


Suite
Photographies de Richard Dumas
Galerie VU'
Hôtel Paul Delaroche
58 rue Saint-Lazare
75009 Paris
+33 1 53 01 85 85
Ouverte du lundi au samedi de 14h à 19h ou sur RDV. 
* Exposition jusqu'au 5 janvier 2013

11.12.12

C'est fini pour cette fois

De retour à Paris, voici quelques lignes pour me faire pardonner mon laconisme de ces derniers jours bien qu'au fond ça commence mal car j'ai tout de suite renoncé à dire quoi que ce soit  sur Rome afin d'épargner au lecteur la liste de pauvres superlatifs qui me vient à l'esprit quand toute la littérature de Stendhal à Henry James est riche d'écrits plus sensibles et magnifiques les uns que les autres.
En résumé donc, j'ai été enchantée par Rome - malgré la froidure et le temps somme toute très parisiens - et, faute de pouvoir m'y installer pour un trimestre, j'espère y faire une nouvelle escapade très bientôt.


Pour ce qui est de la photographie, j'ai eu des hauts et des bas, non par manque d'inspiration mais parce que le boitier de ma nouvelle série s'est avéré ne pas supporter l'hiver romain.
Qu'on imagine donc, à 8° avec un petit soleil sur le capot, tout fonctionne à merveille mais que je stationne à l'ombre et voilà que je ne peux plus réarmer - et j'en viens assez vite à regretter mon précédent boitier en plastique, certes seulement 2 diaphragmes et une vitesse unique mais aucun état d'âme.
Le pire a été le temps qu'il nous a fallut à A. et moi pour comprendre ce qui ce passait vraiment et comment après avoir fonctionné parfaitement au Caffé Greco vingt minutes plus tard impossible de lui arracher trois images successives et que mettre des piles neuves ne suffirait pas  - si vous cherchez des piles neuves de type 357A à Rome, bonne chance,  mon mail est en bas de page* - et que je serai bonne pour l'envoyer en révision à mon retour.

Bref l'horreur !
Un grand merci à Marco Barbon pour son soutien amical et ses adresses dans ces moments difficiles et toute ma reconnaissance à Hervé Thurel / Focale 22 sans les précieux conseils de qui je serais rentrée bredouille et affreusement triste - le shopping chez Missoni ne pouvant pas consoler de tout.

Après quoi, nous avons mis en place des techniques de sioux, du genre le boitier dans un cachemire au fond du sac, je ne le sors que lorsque je suis bien sûre du cadre, s'il fait soleil, je peux faire 4 ou 5 photos, ensuite, je file aux toilettes pour dames, je le mets sous le sèche-mains quelques minutes et je repars en courant vers le motif, je refais quelques images et je retourne aux WC.
S'il pleut - et il a plu vraiment - A. tient le parapluie et après chaque photo, je dois débloquer l'electro-aimant avec la pointe d'un Bic.
La plupart du temps il pleut à verse, les autres jours la température oscille entre 3 et 5°
Nous avons bien essayé de trouver ces sortes de petits sachets de gel auto-chauffants qu'on utilise en montagne mais, apparemment, c'est impossible

A. est là, formidable de fidélité et de patience.

Parfois, mon amour de la photographie argentique
 touche à ses limites,
je l'avoue.  
Le reste du temps j'adore ça !

Demain, je porte les films à Demi-Teinte.
Gageons que tous ces efforts n'aurons pas été  vains.

* contact (a) flore.ws



5.12.12

Repartir, quel plaisir !

Ainsi, finalement je continue, bon an mal an, cette idée de série qui me ramène une nouvelle fois en Italie.
Aujourd'hui Rome




4.12.12

Ça change un peu

© A.


Hier, et cela changeait agréablement, j'étais invitée par Lætitia D.au lycée de Lagny-sur-Marnes pour faire une intervention en milieu scolaire dans le cadre d'un cours "littérature et société".
Franchement, c'est bon de voir qu'il reste dans le public des profs pleins d'énergie, de foi et d'enthousiasme.

 

Pour ma part,  j'étais très fière d'avoir été choisie pour parler de mon métier de photographe à ces adolescents et ravie de  participer.

Après concertation, il avait été décidé que les élèves auraient, dans un premier temps, une projection du documentaire qu'Adrian Claret-Perez a réalisé sur mon travail en Égypte mais que la rencontre serait ensuite axée sur l'orientalisme avec la présentation d'Une femme française en Orient.
Cette série contient tellement de références à la littérature, à la peinture et à mes prédécesseurs que c'était un réel plaisir pour moi de la présenter justement dans ce cadre là.

Durant leurs cours précédents, les élèves avaient préparé des questions en vue de réaliser un article et, de mon côté, j'avais amené  un slide (il parait qu'on ne peut plus dire un diaporama, ça fait ringard) d'une vingtaine d'images et six tirages d'exposition, histoire qu'ils puissent "voir en vrai".

Donc, 50 adolescents, même divisés en deux groupes de 25, pour la femme que je suis, c'est déjà une aventure en soi !

L'aventure, ce n'est pas de parler de photographie ou de mon travail, c'est avec qui on en parle.

Je n'ai pas d'enfant et ma connaissance des post-adolescents se limite à ma relation avec mon filleul Marc et à celle non moins privilégiée que j'entretiens avec Julien S. le plus jeune de mes élèves qui avait à peine seize quand il est arrivé à l'atelier ; pour le reste c'est Gus Van Sant et We need to talk about Kevin.

Tout ça pour dire que je ne m'attendais à rien mais que c'était quand même différent.

Le lycée Van Dongen n'a rien d'une ZEP, loin s'en faut, j'ai passé une heure avec chaque groupe - c'est à la fois court et apparement suffisant - et, rendons leur cette justice, tout le monde a été attentif et courtois avec moi.

Mais, je repars avec ces questions :
"Etais-je comme eux à 15 ou 16 ans ?"
L'adolescence est-elle toujours un mystère pour les adultes ?
c 
 

 

21.11.12

Paris Photo 2012

J'avais, je l'avoue, quelques appréhensions quant à la tendance que révélerait l'édition Paris-Photo de cette année et je m'attendait à ce que la nouvelle direction infléchisse clairement dans le sens de l'Art Contemporain au détriment de celui de la photographie ; ce n'est pas que je sois dans les petits papiers de Julien Frydman mais c'était ce qui se murmurait plus ou moins fort ces temps derniers.

De surcroit, lorsque, A. et moi, nous avons enfin pu nous libérer dimanche, j'avais déjà eu les retours de la moitié de mon entourage et, franchement, ce n'était guère motivant.

Au final, nous avons passé une grosse après-midi à arpenter les allées et même si, sur la fin, ça ressemblait un peu aux trottoirs du Caire, j'ai vu le verre à moitié plein et assez de choses qui m'ont intéressée pour rentrer réjouie.

Ok, il y avait du grand format numérique en couleur.
Mais pas que.
J'ai trouvé aussi de minuscules tirages argentiques en noir et blanc abstraits ; ça m'a rappelé les après-midi que mon galeriste de l'époque Jean-Pierre Lambert passait à me montrer les tirages abstraits de sa collection.
Il a ouvert mon esprit à cette forme de photographie à laquelle je n'avais pas été initiée.
Qu'il soit ici remercié.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé qu'il y en avait pour tous les goûts et un peu aussi pour toutes les bourses même si, pour notre part, nos goûts sont visiblement sans lien  aucun avec notre bourse.
A. aurait volontiers ramené le grand Doug & Mike Starn, n'étaient les 72000 dollars qu'en demandait gentiment le galeriste.

J'ai vu ou revu des œuvres vraiment magnifiques et j'ai été touchée maintes fois mais mon coup  de coeur absolu aura été pour les tirages de Jean-Michel Fauquet à la Galerie VU'.

Jean-Michel Fauquet, Sans Titre, 2010
© Jean-Michel Fauquet, courtesy Galerie VU'
Quand je dis coup de cœur, je devrais plutôt dire coup au cœur tellement l'impression ressentie a été saisissante et profonde.
C'est assez difficile à partager ici parce qu'il ne s'agissait pas seulement des images ou du sujet dans l'image mais vraiment en grande partie des tirages ; ça ne m'était jamais arrivé avant d'avoir les larmes aux yeux devant un tirage...

Et là, si vous regardez les repros sur votre écran, ça ne va pas vous éclairer c'est sûr.


19.11.12

Exposition Marie Rameau et Nofound

Il n'aura échappé à personne, j'imagine, que ce week-end était le cœur palpitant d'un mois de novembre consacré à la photographie.
Il y aura eu les héros, ceux qui auront fait Paris-Photo, Photo Off, Offprint, Nofound  - en oublie-je ? -  regardant toutes les images de tous les stands et les autres, dont je suis, qui auront choisi sous peine de risquer l'indigestion.
Les écrits, des plus brillants aux plus mal écrits, foisonnant sur le sujet, par humilité autant que par manque de temps, je vais essayer de faire court.

J'ai commencé mon marathon personnel ce samedi après-midi par une visite amicale à l'exposition* de ma talentueuse consoeur Marie Rameau.
Certains se souviendront peut-être que j'ai acquis l'an dernier une de ses oeuvres exquises et depuis j'avais le grand désir et la curiosité de la rencontrer et de connaitre mieux son travail.
180 tirages étant exposés à la Point Rouge Gallery, je crois pouvoir dire maintenant que c'est chose faite !


Il y a, je trouve, un charme supplémentaire à découvrir que l'artiste ressemble à son œuvre.
C'est le cas de Marie Rameau, elle est, comme ses images, d'une grâce vive à peine teintée de mélancolie qui la rend aimable dès le premier abord et donne envie d'en connaitre davantage.



Les photographies présentées étaient dans la lignée de celle que je possède déjà, très cohérentes entre elles autant par le fond que dans la forme et j'ai dû vraiment me dominer pour ne pas en acheter une poignée supplémentaire.
Légers bémols, à mon avis, quelques redites évitées par un editing plus serré auraient données plus de valeur artistique à l'ensemble et je n'ai pas compris ce qui justifiait le choix des deux seuls portraits serrés.
Par contre, j'ai trouvé très judicieux l'accrochage en "nuage" qui mettait parfaitement en valeur des tirages rendus fragiles par leur taille minuscule et donnait beaucoup de poésie à l'ensemble.


A l'étage, j'ai particulièrement apprécié l'installation sous cloche qui a pour titre Lettres à Jean si je me souviens bien.

A découvrir absolument si l'on est sensible aux choses délicates, comme dirait Sei Shonagon, et à cette forme rare qu'est la photographie sur verre.




Ensuite, il est tard déjà et nous filons à Nofound  - vous savez bien cette foire branchée sise dans un garage - plutôt qu'à Photo Off, un parce que je n'y suis pas allée l'an dernier, monopolisée que j'étais par ma propre présence à Fotofever, et deux parce que je tiens à aller saluer les membres de Wada-Garou, ma galerie de Tokyo, et voir quels sont les artistes qu'ils ont amenés.

Visite assez rapide donc dans ce qui me semble, sur le moment, être une alternative rafraichissante à l'establishment incarné par Paris-Photo.

Les stands et les accrochages à la va-comme-je-te-pousse doivent me rappeler le modeste underground de ma jeunesse, j'imagine.


© Gregor Beltzig
courtesy Galerie Binôme
Deux jours plus tard les seules choses dont je me souviennent clairement sont les petites boites de Gregor Beltzig à la Galerie Binôme *si troublantes, si touchantes qu'il est bien difficile d'en choisir une.

© Gregor Beltzig 
courtesy Galerie Binôme














                                                                       

Celle-ci m'a beaucoup fait rêver par sa délicate cohérence. 


* Paysages silencieux                                                                                
Photographies de Marie Rameau                                                             
Point Rouge Gallery                                                                                                       
4, rue Dahomey                                                                                                       
75011 Paris                                                                                                                          
Exposition jusqu'au 24 novembre 2012            
Du mercredi au samedi de 14h à 19h       
 * Les boites des sentiments
  Réalisations de Gregor Belzig
 Galerie Binôme
   4, rue Charlemagne
  75004 Paris
                                     Exposition jusqu'au 26 janvier 2013
     Mardi-mercredi de 13h à 19h / Jeudi-samedi de 13h à 19h

10.11.12

Nippon-isme à la galerie DA-END

Cet après-midi, avec A. nous honorons la promesse faite hier à Satoshi Saikusa de passer le saluer à l'occasion du vernissage de Nippon-isme à la Galerie DA-END.

Grand bien nous en a pris car c'est pour moi l'occasion de découvrir cet espace hors du commun qui, par son étrange beauté et sa sophistication, ne ressemble en rien aux nombreuses galeries présentes dans le quartier.
Pour ma part, je suis soufflée de surprise en pénétrant dans l'obscurité chocolatée qui sert d'écrin aux photographies et je regrette encore davantage de n'avoir pas pu mu rendre à Tokyo en juillet pour mon vernissage à la galerie Wada-Garou* tant il me semble que j'aurais à apprendre de la culture japonaise.
Espérons que c'est seulement partie remise...
Pour l'heure nous profitons pleinement de la beauté du lieu et des images.
Les œuvres proposées sont d'une grande diversité  et vont des petits formats en noir et blanc de Daido Moriyama  aux grands tirages couleurs de Kimiko Yoshida.

© Satoshi Saïkusa courtesy DA-END

Je suis assez épatée de voir l'amplitude du travail de Satoshi Saikusa qui montre d'un côté de très beaux tirages Fresson de ses portraits d'artistes et d'un autre, dans une sorte de cabinet secret, deux - je ne sais comment les nommer - assemblages de filles nues reconstituées par rondelles épinglées qui me ravissent.


© Satoshi Saïkusa courtesy DA-END









Vraiment, j'invite ceux qui ne connaissent pas encore cette galerie à y faire sans tarder une petite visite.



Nipppon-nisme
exposition du 22 novembre au 28 décembre 2012

DA-END
17 rue Guénégaud
75006 PARIS
Tel +33 (0)1 43 29 48 64

Horaires en temps de pluie :
Du mardi au samedi de 14h à 19h
Fermeture en Août.
Métro Odéon ou Pont-Neuf

* Je signale à ceux qui auraient été conquis l'an dernier que la galerie Wada-Garou sera présente cette année à Nofound - photo fair 2012 - Paris

Anté-Numérique, le vernissage

Donc, vendredi était jour de vernissage pour mes camarades de l'exposition collective Anté-Numérique et moi-même.
J'avoue ici avec plaisir que, même dans les conditions particulières de ce Mois de la Photo où les préviews, les vernissages et les finissages se succèdent et se superposent, c'était une soirée réussie.
Le public était au rendez-vous, présent dès avant l'ouverture et nous quittant fort tard.


La vodka Fair Spirit coulait d'un flot continu empourpré par le jus de cranberry et presque tous les êtres qui me sont chers semblaient s'être donné rendez-vous pour me témoigner leur affection malgré la froidure humide et le peu d'images que je montrais.



Qu'ils en soient ici chaleureusement remerciés,
ainsi que tous ceux qui m'ont écrit leur soutien amical.


Anté-Numérique 
Atelier Tozf
23 Rue Godefroy Cavaignac
75011 Paris
Tel : 01 43 72 41 31
Exposition du 9 au 18 novembre 2012
Entrée libre
Ouvert tous les jours de 12h à 19h

3.11.12

Hötel de Sauroy - Thanks to Luigi Ghirri...

Vendredi soir, après le labo, je me fais pimpante et, avec A., nous filons à l'Hötel de Sauroy pour le vernissage preview de deux expositions collectives qui s'inscrivent dans le cadre du Mois de la Photo, "Le temps des lucioles" et Thanks to Luigi Ghirri à laquelle participe Marco Barbon dont vous avez déjà entendu parler dernièrement ici-même.
J'ai toujours grand plaisir à voir ses images et sa production est assez riche pour que j'en découvre souvent de nouvelles.
Aux murs, une douzaine de photographies de formats variés et toujours la vision délicate et la belle palette qui caractérisent son travail.
J'emporterais bien l'ensemble mais s'il fallait choisir, cette fois-ci, ma préférence irait à un grand tirage (si si) jaune d'or qui représente, sur un fond de tapisserie à motifs, deux petits fauteuils recouverts de velours fleuri de part et d'autre d'une modeste table basse.

                                                       © Marco Barbon


Le tout me va droit au cœur.

Pour comprendre l'origine de mon attachement aux photographies de Marco Barbon, je crois qu' il faut connaitre un peu la genèse de ma dernière série.
Les photos d'Une femme française en Orient, si elles tendant à donner l'illusion d'être les photos-souvenirs d'une femme française voyageant, en un temps indéfini, autour du bassin méditerranéen à la recherche de ce qui lui parait être l'Orient, ne sont en aucun cas mes propres photos-souvenirs ; elles ont été arrachées une à une, le plus souvent dans la douleur à des conditions de vie assez sommaires pour que je souffre de la flagrante dychotomie entre ce que je vivais au quotidien et les images que je souhaitais montrer telles qu'elles sont aujourd'hui.

Les fidèles de ce blog pourraient faire un guide des taudis du Magreb et du Moyen-Orient rien qu'en me relisant et j'ai connu tant de petits fauteuils jaunes que la photo ci-dessus me semble avoir été faite dans ma chambre.

La grâce vient de ce que, ces lieux, cette misère, que je vivais si mal, Marco Barbon, par la tendresse de son regard, m'en montre la touchante beauté et, par là même, il offre un nouveau décor à mes souvenirs.

Ce décor est plus vrai que vrai d'une part parce que sa beauté le rend tel tel que je l'aurais souhaité, d'autre part parce que si les souvenirs s'efface peu à peu, les images restent.
Lorsque je les regarde, ses photos me semblent le making off rêvé de mon propre voyage et le charme est si parfait qu'il fonctionne, par une sorte de système de vase communiquant, même lorsqu'il s'agit de lieux inconnus de moi - comme Asmara - en me donnant l'illusion d'y être allée.

Imaginez si quelqu'un réalisait une fiction de vos souvenirs...
C'est l'impression que j'ai.

Le reste de mes joies va plutôt à l'exposition "Le temps des lucioles" dans l'autre aile de l'hôtel.
Mais j'en parlerai demain. 


Thanks to Luigi Ghirri & Italian Emerging Photography
Luigi Ghirri  & Marco Barbon, Ottavia Castellina, Margherita Cesaretti,
Alessandro Imbriaco, Claudia Pozzoli, Susanna Pozzoli
Commissaire Laura Serani

Hôtel de Sauroy 
58 rue Charlot – Paris 75003
3 novembre – 1er décembre 2012 
mardi-mercredi-vendredi-samedi et dimanche 14.00 – 19.00 h
jeudi 14.00 – 21.00 h