6.3.13

Petites histoires pragoises

De retour de Prague hier soir fort tard.
Voici quelques nouvelles moins laconiques de ce petit séjour.

Moins laconiques et photographiques :

Passés dès le premier jour chez FotoSkoka, genre pèlerinage ; je ne sais pas à quoi je m'attendais - une sorte de caverne d'Ali-Baba emplie de pochettes de papiers bleus inconnus sans doute - mais devant le petit mètre linéaire consacré à l'argentique - on se serait cru chez Prophot - j'ai failli fondre en larmes de déception.


Rien acheté, c'est tout dire !
En plus le vendeur était peu amène, pour ne pas dire désagréable.

Pour être franche, au rayon occasions, il y avait bien quelques tentations mais je ne me suis pas vue acheter un boitier inconnu à un vendeur m'expliquant en tchèque son fonctionnement. J'ai bien été tentée un instant par un Pentacon (60 euros) mais au fond je crois que je fais un nouveau blocage sur les vieux boitiers mal-pratiques au rendu plus ou moins flou.

D'ailleurs, à la fin, je suis partie à Prague avec mon Nikon.
C'était le bonheur.

Vingt mètres plus loin, sur le trottoir d'en face, une jolie boutique pleine à craquer de matériel d'occasion mais les objets de rêve, genre petite lampe à pétrole à verre rouge pour chambre noire sont juste en présentation.

  
 Je déniche quand même un ravissant et minuscule déclencheur souple  - 2 euros.
Ce sera tout  pour moi cette fois-ci.

Côté tirages, j'avais trouvé lors de mon dernier voyage quelques jolis tirages vraiment anciens et en bel état dans une petite boutique à droite en montant vers le château, cette fois-ci, même en retournant le stock, je rentre presque bredouille.

Il y a cinq ans, on pouvait trouver pour trois francs six sous de petits tirages argentiques en noir et blanc, présentés sous verre, sur le Pont Saint Charles. Aujourd'hui, c'est bien terminé et il faudra - ou non - se contenter de tirages numériques photoshopés à mort.

Je ne voudrais pas laisser croire que je n'ai eu que des déceptions, loin s'en faut.

L'avantage de loger à Mala Strana, c'est qu'on est à la fois à deux pas de l'atelier Josef Sudek, à deux pas de la Czech Photo Gallery - Ujezd 19 - et sur la bonne rive pour la  Galerie Josefa Sudka - Uvoz 24.

Dans le bel espace de la Czech Photo Gallery , on peut voir en ce moment  - et jusqu'au 13 avril 2013 - Another face of serial killers, une exposition de photographies couleurs de Josef Hnik, variation vraiment impressionnante autour des visages de célèbres tueurs en série.


Le soir où nous entrons à la Galerie Josefa Sudka pour voir les bromographies* de Frantisek Drtikol,  un homme joue de la musique contemporaine sur son violoncelle baroque ; avec ou sans verre de vin tchèque à la main, un pur moment de grâce.


Pour ce qui est de l'atelier de Josef  Sudek, par chance il est fermé en ce moment.

A la faveur du facteur, d'un voisin qui rentre avec son pain, nous franchissons chaque jour la porte close de l'immeuble, ensuite ce n'est rien, forcer avec doigté la grille du jardinet, se glisser doucement à l'intérieur, regarder à travers les fenêtres embuées les tirages au sol dans une petite  poussière, les fleurs fanées, se sentir un peu en faute, être merveilleusement seuls, travailler avec tendresse.

                                                                             © A.

Revenir demain.
Quand la lumière sera autre. 
Être seuls.
Encore une image ou deux.
Avoir peur de se faire gronder
Continuer.
Refermer délicatement la grille. 
Revenir demain. 

* La bromotypie ou bromographie, est un procédé de tirage rotatif industriel de photographie positive sur papier au bromure d’argent. Il se développe à grande échelle à partir des années 30 jusqu’à l’apparition de l’offset dans les années 60.

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