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1.6.13

Lectures de Portfolios au Percolateur

J'étais vendredi à Marseille, invitée par Marco Barbon à faire des lectures de portfolios au Percolateur.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, "une lecture de portfolio" signifie groso modo qu'un photographe plus ou moins avancé dans sa pratique a un rendez-vous avec une ou plusieurs personnes afin de leur montrer son travail, d'avoir leur avis et d'en recevoir des conseils.
Ceux qui regardent sont appelés  experts ou lecteurs. Il peut y en avoir un ou plusieurs à la fois.
La durée de l'entretien est traditionnellement de 20 mn dans le cadre de manifestations publiques comme les Rencontres d'Arles par exemple mais le reste du temps elle peut varier jusqu'à 1h ou plus.

L'Oeil de l'Esprit participe régulièrement  - et cet été encore - aux lectures organisées par Voies Off en Arles et durant l'année, je vois des dossiers à Paris en tant que responsable pédagogique.
Comme je l'ai déjà écrit parfois ici, c'est un exercice que j'aime vraiment beaucoup ; non seulement parce qu'il permet de voir des travaux et des types de photographie variés mais autant parce qu'il m'incite à la réflexion sur des points multiples qui sont après tout au centre de ma vie.

Qu'est ce qu'une bonne photographie ?
A quoi peut-on la reconnaitre ?
Un bon cadre, une bonne lumière, une bonne technique suffisent ils à faire une bonne photo ?
Si non, qu'est ce qui fait la différence ?
Une bonne photographie est-elle forcément de l'art ?
Et  d'ailleurs qu'est ce que l'art ?
Suis-je d'accord en ce point avec Heidegger pour qui
l'œuvre d'art est une puissance qui ouvre et installe un monde ?
Quelle(s) différence(s) entre un auteur et un artiste ?
Où se tient la photographie de reportage dans tout ça ?
Et celle de documentaire ?
Quelle place sont-elles en train de prendre dans le paysage (entendre  marché) ?
Et pour quelles raisons ?
Comment transmet-on certaines réflexions en un cours laps de temps ?
Quelle est la part de psychologie nécessaire à une bonne transmission ?
Et j'en passe.

J'ai l'habitude des lectures one to one et de celles où plusieurs lecteurs regardent en même temps un dossier mais au Percolateur vendredi Marco Barbon avait choisi une formule différente et chaque photographe voyait tour à tour les trois experts durant 45 mn.
Autant dire que c'était intense pour tout le monde !

Pour ma part, quand j'étais la dernière à voir un dossier, je ne pouvais pas éviter de penser à ce que mes deux respectés confrères, Emmanuelle Hascoet et Marco lui-même, avaient bien pu dire avant moi.

On a beau faire, le nom mythique de Magnum étend ses vastes ailes au dessus de nous. 

C'était vraiment enrichissant parce qu'ensuite, durant les deux jours suivants, nous n'avons pas cessé d'échanger nos réflexions et de partager nos ressentis ; chacun apportant sa personnalité, ses qualités et son expérience.

J'adore l'idée d'avoir un art, un métier, une vie, qui permettent une évolution et une remise en question perpétuelle.


8.4.13

Luxe absolu

El espacio y el tiempo...
son instrumentos
magicos del alma...



  



Après une intense journée de stage suivie d'une non moins intense journée de cours en tête à tête avec Félix,
je me fais cadeau d'une belle soirée en solitaire.

27.3.13

Un coin de ciel bleu

J'en conviens volontiers, s'inscrire dans l'un des stages organisés par l'atelier de l'Oeil de l'Esprit est à peu près aussi difficile qu'avoir une bonne place au Théâtre de la Ville sans y être abonné.

Je comprends que ça puisse être pénible de se dire qu'on va devoir attendre six mois le prochain stage de cyanotype ou de sténopé et que ça peut décourager certains, voire les inciter à se tourner vers des concurrents quoique, au fond, ce soit mal nous connaitre car il suffit de demander.

Vous avez envie d'apprendre le tirage Van Dyke et vous vous apercevez que nos deux prochains stages sont complets, qu'importe, il suffit de me téléphoner et nous organisons une date à votre convenance.

© Laetitia Gilbert*



Ainsi, hier, ai-je passé la journée avec Laetitia G. qui souhaitait apprendre le cyanotype mais avait eu connaissance trop tard des deux stages de janvier. Un simple coup de fil et quinze jours plus tard, elle est là avec ses images et ses questions.
Comme nous sommes en tête à tête, nous allons à son rythme, je peux lui accorder toute mon attention et les résultats sont vite là.
 Du coup, nous passons une excellente journée et nous nous quittons, fatiguées certes, mais contentes l'une de l'autre et prêtes à nous retrouver un jour ou l'autre avec plaisir pour de nouvelles aventures photographiques.



  


 * Cyanotype

20.3.13

Lecture de portfolio au Percolateur

J'ai le grand plaisir d'avoir été conviée par Marco Barbon à participer à la nouvelle Journée de lecture de portfolios* organisée par Le Percolateur vendredi 31 mai 2013.

La lecture de portfolio est un exercice que j'aime beaucoup, dans lequel je me sens particulièrement à ma place, certainement parce que je m'y sens utile.
C'est vraiment différent des cours car, le temps nous étant compté, le contact doit s'établir très vite, le partage et la transmission aller à l'essentiel.
En l’occurrence, la proposition faite par Le Percolateur est assez inhabituelle, très généreuse, puisque chaque inscrit bénéficiera de 3 lectures successives de 45 mn au lieu des 20 mn qui sont proposées d'ordinaire.

L'occasion en or pour les photographes d'avoir de vrais regards attentifs et des retours plus approfondis, à la fois pertinents et multiples sur leurs travaux.



Entre mon exposition à la Seyne-sur-Mer et cette lecture, on me verra beaucoup du côté de Marseille courant mai, ce qui me réjouit par avance.


*Journées de lecture de portfolios
   Le Percolateur - Marseille
   Vendredi 31 mai de 10h à 19h
   avec Emmanuelle Hascoët, Marco Barbon et Flore
   Prix : 60 euros (pour 3 lectures de 45 mn).


27.2.13

Van Dyke pour Vanités

Comme nos deux derniers stages consacrés à une initiation du tirage cyanotype, les deux nouveaux stages de Van Dyke organisés par l'Oeil de l'Esprit auront été complets à peine proposés au public ; nouvelle réjouissante à la fois comme reconnaissance de notre enseignement et pour ce que ça montre de l'engouement d'une certaine frange de la population  pour les techniques anciennes.

Naturellement, une majorité des stagiaires pratique la photographie, argentique ou numérique, mais pas que et se joignent dernièrement à nous des personnes pour qui la photographie n'est pas une passion ni même un loisir mais qui sont plutôt tournés vers les arts plastiques.

On aurait tort de croire que les résultats de ces nouveaux venus parmi nous sont moins bons que ceux des stagiaires qui ont fait de la photographie leur mode d'expression car loin s'en faut - peut-être, croyant avoir plus à prouver, travaillent-ils davantage.

Les stages de Van Dyke des 7 et 14 avril auront pour thème les Vanités - à entendre dans le sens pictural du terme - et, pour faciliter la vie des stagiaires, L'Oeil de l'Esprit a fait l'acquisition d'un crâne ravissant qui circule déjà de mains en mains ; ainsi, à la fin du stage, non seulement chacun aura acquis les connaissances de base suffisantes pour pratiquer une nouvelle technique mais aura également pu améliorer sa prise de vue et sa créativité en se livrant au jeu de ce petit exercice imposé.

De notre côté, nous restons fidèles à l'une des préoccupations majeures de l'atelier, enseigner le fond et la forme, la technique et l'artistique simultanément, sans les séparer, sans que l'une soit au détriment au détriment de l'autre.

Comme les fois précédentes, je montrerai les résultats ici-même après chacun des stages.

A venir, en octobre, la gomme bichromatée

21.1.13

Cyanotype, du bleu dans l'art #05

Hier dimanche, quelques jeunes héroïnes de la photographie levées dès poltron-minet traversaient un Paris enneigé comme une boule en verre pour venir à l'atelier pendre le premier des deux stages de cyanotype que nous donnons ce trimestre Adrian Claret et moi-même.


Ambiance douillette et festive couronnée par des résultats bien encourageants
dont voici un extrait :

© Marion Rabier







© Aurélie Gosset



















© Clémentine M.


Variations sur le thème de la nature morte.
D'autres images visibles sur le site de L'Oeil de l'Esprit
Et déjà quelques impressions sur les blogs de Marion Rabier et d'Aurélie Gosset

14.11.12

"Je guette le hasard...

...et je souhaite plus que tout être touchée en même temps que je vise."

Sarah Moon

24.10.12

Lecture de portfolio - Mon dernier coup de coeur

En lecture de portfolios, on est amené à regarder - et c'est bien heureux - des travaux extrêmement différents. 
Le challenge pour l'expert est, à mon avis, de s'extraire assez de ses propres goûts, de se mettre dans une position d'ouverture qui lui permette de regarder les images présentées plutôt dans la compréhension de ce qui a été tenté par le photographe que dans le jugement.
Je ne regarde pas les photos d'un même oeil si je visite une exposition ou une foire pour mon propre compte, que si je fais la même visite dans un but pédagogique ou lorsque je suis en entretien avec un photographe qui vient me montrer un travail en cours.
Dans ce dernier cas, tout mon être est tendu vers ce que j'espère pouvoir apporter d'enrichissant à une personne qui m'a fait confiance.

Parfois, il arrive que le travail présenté touche ma particulièrement ma sensibilité et soit tel que je l'aurais remarqué dans d'autres circonstances, si je l'avais vu dans une foire par exemple.
C'est assez rare mais c'est  toujours un plus grand bonheur pour moi d'être amenée à encourager, à soutenir l'auteur dans son projet dans ces cas là.

Mon dernier coup de cœur aura été pour Près du passé luisant, demain est incolore de Valérie Loiret-Brunissen, une série très fitzgeraldienne qui s'attache à saisir avec toute la délicatesse que cela nécessite forcément et je la cite pour ne pas la trahir "en un moment tremblant la beauté de ce qui a été, et qui n'affleure qu'en un instant de grâce avant de s'évanouir à nouveau."

© Valérie Loiret-Brunissen

 J'invite chaleureusement les plus curieux d'entre vous à aller découvrir en avant-première un extrait de cette série à la Mairie du 11ème à Paris jusqu'au 28 octobre.*

*Salon de la Photographie
Mairie du 11ème
Salle Olympe de Gouges
15, rue Merlin
75011 Paris
M° Voltaire  - Père Lachaise
Du 20 au 28 octobre 2012 de 12h à 19h

13.9.12

Lecture de portfolio à distance

Cette histoire de lecture de portfolio assistée par skype peut paraitre surréaliste comme semble le penser Nicolas L dans son commentaire mais il faut imaginer, beaucoup de gens qui font de la photographie ou qui sont photographes vivent ailleurs qu'à Paris - en France ou à l'étranger - et quand le prix du billet d'avion ou de train se rajoute au prix de la lecture elle-même, ça fait vite une somme coquette.

Certains pourtant souhaitent avoir mon avis et que je les accompagne dans leur recherche, ils comprennent bien que ce ne sera pas exactement comme un tête à tête mais ils savent aussi que je ferai mon maximum.

Ce matin, j'ai Florence G en ligne.
Elle ne vit plus à Paris.
Elle se prépare à sa première exposition collective, c'est un beau moment en perspective mais elle a encore mille interrogations concernant la numérotation et le prix des tirages, le choix du papier, l'encadrement, le titre de la série etc
Comme beaucoup d'entre nous, elle cherche quelqu'un de confiance vers qui se tourner pour évoquer ces sujets nouveaux pour elle, quelqu'un de neutre, de bienveillant - qui ne soit ni ses copains ni sa galerie - avec qui avoir un échange, comment dire, protégé.
Le dossier arrive hier sur ma boite mail, il comprend des photos, des réflexions, des questions, je le regarde attentivement, je prends des notes.

Nous nous somme fixé un rendez-vous précis ; à midi, mon skype sonne, nos webcams fonctionnent, nous pouvons nous saluer, nous sourire, ses photos sont ouvertes sur mon écran (calibré !), nous travaillons bien.

Disons que seul le café manquait.

Et les tirages ? me direz-vous.
Et vous savez que j'adore ça.

Mais, allons, soyons francs, dans les lectures habituelles, on regarde tant de tirages de lecture, d'écrans de portables ou d'IPad, de livres numériques que ça ne change guère ; je vois bien quand même si l'image est équilibrée ou non, magenta ou pas, si elle s'accorde avec le reste d'une série et si le tout est cohérent avec le discours du photographe.

Et puis, les personnes qui s'adressent à moi espèrent que je vais les aider à progresser d'une manière ou d'une autre sur des travaux qui sont, la plupart du temps, en cours ; je ne suis pas une galerie qui regarde un portfolio avant de choisir un artiste - du coup le tirage vu "en vrai", tenu à la main, ne revêt pas la même importance fondamentale.

Enseigner la photographie argentique ne signifie pas nécessairement que je suis restée bloquée au XIX° siècle, je n'arrive pas en calèche à l'Atelier, j'adore mon IPhone 4 S - ce n'est pas le 5 qui m'en fera changer - et lorsque la technologie peut se mettre au service de la transmission, je ne vois aucune raison de chipoter.

6.9.12

Lectures de Portfolios à Voies Off / Arles 2012

Arles, en juillet dernier, L'Oeil de l'Esprit participe aux lectures de portfolios organisées, cour de l'Archevêché, par le Festival Voies Off.
Alors que la rentrée de l'Atelier, prévue pour le 10 septembre, se prépare et que, chaque jour au téléphone, nous répondons à des demandes de renseignements sur notre pédagogie ou le contenu de nos cours, voici un petit aperçu tardif de ces lectures auxquelles j'ai eu le plaisir de participer.
Il est bon savoir que la rencontre avec l'expert durant la plupart des lectures ainsi organisées dans le cadre d'évènements est en général de 20 mn alors que lorsque je reçois un photographe à Paris pour regarder son portfolio notre rendez-vous dure au minimum 1 heure.
C'est forcément un peu différent.


27.6.12

A. et moi seront présents en Arles du 4 au 10 juillet à l'occasion de la semaine professionnelle des Rencontres de la Photographie.
Je participerai une nouvelle fois en tant qu'expert aux Lectures de Portfolios organisées par Voies Off.
Cette année, l'invitée de L'Oeil de l'Esprit sera Natasha Christia.
En plus d'être l'assistante d'Hubert de Wangen, elle est éditeur/auteur pour de nombreux magazines photo internationaux.
Ceux qui suivent se souviendront peut-être d'avoir déjà entendu parler d'elle en juin dernier lors de mon exposition à la Kowasa Gallery de Barcelone et savent donc combien j'ai d'estime et d'amitié pour elle.
Je me réjouis vraiment de cette occasion de la retrouver.

Vous pourrez nous rencontrer (Cour de l'Archevêché, place de la République) pour nous montrer vos travaux et écouter nos conseils selon le programme suivant (chaque jour de 15h à 17h) :
Jeudi 5 - Avec Louise Narbo.
Vendredi 6 - Avec Natasha Christia
Samedi 7 - Louise Narbo et Natasha Christia


4.6.12

Ingrid Milhaud lauréate la 49eme Foire à la Photo de Bièvres

Pour reprendre les termes de mon billet précédent - mais comment faire autrement ? - je suis heureuse de vous annoncer que mon élève Ingrid Milhaud a remporté hier le Prix du Paysage - " Paysage Intérieur", nous explique le Jury - de la 49eme Foire Internationale à la Photo de Bièvres pour sa première série

L'été avant l'orage

© Ingrid Milhaud


Cette légitime distinction récompense une année de recherche et de travail acharné.

Nous avons soigneusement protégé les images jusqu'à hier afin d'en garder la primeur pour le jour de l'accrochage mais aujourd’hui je vous invite chaleureusement à en découvrir une part sur le site d'Ingrid Milhaud même si c'est exactement le genre de photographie qui gagne infiniment à être vue "en vrai".

© Ingrid Milhaud


Je vous livre également ci-dessous les quelques lignes d'introduction que j'ai écrite pour l'occasion.

"Un jeune couple avec ses enfants, la légèreté, la gaité innocente d'une famille avant qu'elle ne soit dévastée par un drame.
Comment ressusciter ces souvenirs heureux d'un dernier été avant l'orage ?

Pour sa première série, Ingrid Milhaud, prend courageusement à bras le corps la problématique fondamentale de la restitution de ce qui a été, de ce dont on se souvient, de ce que l'on croit avoir été.
Autant dire, un des pans les plus complexes de la photographie.
Elle a choisi, pour ce faire, un parti pris radical d'écriture ; des images si claires qu'on les croirait délavées par le soleil, pâles comme ces souvenirs d'enfance à moitié effacés et qu'on peine à retenir encore un peu.
L'impression ressentie est encore renforcée par le format des tirages, si petits qu'ils peuvent facilement être apparentés à ceux contenus par nos albums de famille.
Par ces deux choix mis au service de sujets si simples qu'un spectateur pourrait tout d'abord les croire anodins, la photographe nous laisse apercevoir en transparence, pour peu pour qu'on y prête attention, une petite fille surgie du passé et le regard émerveillé qu'elle posait sur son monde encore intact."

La reconnaissance d'un jury, les nombreux compliments du public, les prises de contact par de multiples professionnels et les ventes sont autant de signes encourageants pour l'avenir de ce jeune talent émergeant.

© Ingrid Milhaud


Vue de ma fenêtre :
Ces quatre dernières années, dans le cadre de l'atelier de L'Oeil de l'Esprit, j'ai personnellement aidé à la réalisation et soutenu les travaux de trois élèves présentées à Bièvres (Anamnèse pour Isabelle Levistre - qui utilise actuellement le nom que je lui avais trouvé "Isabelle L." - Noir d'Ivoire pour Sarah Valente et aujourd'hui L'été avant l'orage pour Ingrid Milhaud) et ces trois élèves se sont vues récompensées.

Bièvres n'étant évidement pas Arles, tout restant relatif etc. et en rendant à chacune la part de talent et d"efforts qui lui est due, en tant que pédagogue, je me réjouis particulièrement de ces résultats encourageants qui, malgré les déceptions inhérentes à l'enseignement et la fatigue de cette fin de saison, me font entrevoir l'année à venir avec un enthousiasme renouvelé.