13.9.12

Lecture de portfolio à distance

Cette histoire de lecture de portfolio assistée par skype peut paraitre surréaliste comme semble le penser Nicolas L dans son commentaire mais il faut imaginer, beaucoup de gens qui font de la photographie ou qui sont photographes vivent ailleurs qu'à Paris - en France ou à l'étranger - et quand le prix du billet d'avion ou de train se rajoute au prix de la lecture elle-même, ça fait vite une somme coquette.

Certains pourtant souhaitent avoir mon avis et que je les accompagne dans leur recherche, ils comprennent bien que ce ne sera pas exactement comme un tête à tête mais ils savent aussi que je ferai mon maximum.

Ce matin, j'ai Florence G en ligne.
Elle ne vit plus à Paris.
Elle se prépare à sa première exposition collective, c'est un beau moment en perspective mais elle a encore mille interrogations concernant la numérotation et le prix des tirages, le choix du papier, l'encadrement, le titre de la série etc
Comme beaucoup d'entre nous, elle cherche quelqu'un de confiance vers qui se tourner pour évoquer ces sujets nouveaux pour elle, quelqu'un de neutre, de bienveillant - qui ne soit ni ses copains ni sa galerie - avec qui avoir un échange, comment dire, protégé.
Le dossier arrive hier sur ma boite mail, il comprend des photos, des réflexions, des questions, je le regarde attentivement, je prends des notes.

Nous nous somme fixé un rendez-vous précis ; à midi, mon skype sonne, nos webcams fonctionnent, nous pouvons nous saluer, nous sourire, ses photos sont ouvertes sur mon écran (calibré !), nous travaillons bien.

Disons que seul le café manquait.

Et les tirages ? me direz-vous.
Et vous savez que j'adore ça.

Mais, allons, soyons francs, dans les lectures habituelles, on regarde tant de tirages de lecture, d'écrans de portables ou d'IPad, de livres numériques que ça ne change guère ; je vois bien quand même si l'image est équilibrée ou non, magenta ou pas, si elle s'accorde avec le reste d'une série et si le tout est cohérent avec le discours du photographe.

Et puis, les personnes qui s'adressent à moi espèrent que je vais les aider à progresser d'une manière ou d'une autre sur des travaux qui sont, la plupart du temps, en cours ; je ne suis pas une galerie qui regarde un portfolio avant de choisir un artiste - du coup le tirage vu "en vrai", tenu à la main, ne revêt pas la même importance fondamentale.

Enseigner la photographie argentique ne signifie pas nécessairement que je suis restée bloquée au XIX° siècle, je n'arrive pas en calèche à l'Atelier, j'adore mon IPhone 4 S - ce n'est pas le 5 qui m'en fera changer - et lorsque la technologie peut se mettre au service de la transmission, je ne vois aucune raison de chipoter.

4 commentaires:

  1. Tout à fait d'accord! Par ailleurs, je viens de me faire une séance de tirage assez désastreuse!... Peut-être le moment de télécharger -enfin- instagram? Allez, tant pis, je vends mon âme au diable.

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  2. bonjour Flore (j'ai répondu sur mon blog à ton adorable commentaire)
    et aussi bonjour Nicolas, que je ne connais pas, pour vous (te?) rassurer : j'utilise instagram, j'adore, et Flore me parle toujours, je ne suis donc sans doute pas damnée... reste qu'effectivement je ne suis pas photographe !

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    1. "Tu" me conviendras. Dans le doute pour vous (toi?!): ne vous en faites pas, je n'avais pas spécialement d'aprioris sur instagram, mais en vue d'abandonner prochainement l'argentique, je tente des petites blagues auprès de Flore en espérant que le choc sera moins violent.
      Bien à toi! Euh, vous.

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  3. Je suis déçu que tu ne viennes pas à l'atelier en calèche, ça aurait de la gueule ;)
    Blague à part, il faut savoir tirer avantage des technologies quand elles apportent un intérêt et celui de la vidéoconférence est assez génial. Parvenir à accompagner quelqu'un comme Florence en dépit de la distance en est, je trouve, une belle démonstration.

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