26.10.12

Exposition Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat

C'est le cadeau que je me suis fait à moi-même cette semaine, aller voir l'exposition de Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat.
Je suis une admiratrice fervente de son travail mais je ne le connaissais qu'au travers des livres - sa dernière exposition en France remontant à une vingtaine d'année, je crois - je n'avais jamais vu de tirages.

On n'imagine pas un lieu, un galeriste, je devrais dire un hôte, mieux appropriés pour recevoir ces images.

Une soixante de photographies de toutes tailles et de toutes sortes, oniriques, mystérieuses et servies par cet accrochage en mosaïque si cohérent dans cette galerie-boudoir ; l'ensemble m'a saisie au cœur tant il révèle de l'auteur.

Des épingles, des bandes de scotch, des cadres sans verres où baillent des tirages magnifiques barrés par la signature, des cadres sans tirages, comme autant de signes de la présence de l'artiste en  son absence.

A. et moi, nous nous agenouillons volontiers pour découvrir les images les plus basses.
Nous repartons enchantés et conquis.


Mon plaisir a été décuplé, je le confesse, par l'accueil et certainement la personnalité même de Serge Aboukrat qui nous a reçu avec autant de grâce, de disponibilité et de courtoisie que si nous étions attendus chez lui.
Et, c'est assez rare pour le signaler, ne semble même pas déçu lorsqu'il apprend que je suis photographe et non pas l’acheteuse potentielle dont rêve tout galeriste - ou s'il l'est le cache c'est avec une élégance charmante.


De surcroît, en tant que photographe, j'envie à Déborah Turbeville un galeriste qui accueille sa créativité de d'artiste à bras ouverts, si j'ose dire.

Une exposition à ne pas manquer en cette rentrée très riche.


Mois de la Photographie

Unseen Versailles 
Photographies de Deborah Turbeville 

Galerie Serge Aboukrat
7, place Furstenberg 
75006 Paris

Exposition du 17 octobre au 31 janvier 2012

3 commentaires:

  1. Oh après une journée qui me laisse, disons, controversée sur le bonheur qu'elle a pu m'apporter, je vois ton article et file chez ce Monsieur, qui est il est vrai, plus qu'accueillant (bien qu'il sembla déçu que je ne sois pas venu acheter ;) Mais quelle amabilité! Et quelles visions d'un cerveau effrayant nous offre là cette exposition... À vendredi!

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  2. Les jours de bruine où la ville semble hostile et laide se prêtent particulièrement bien à ce genre de rencontre.

    Au détour d'une rue, cette petite place comme une parenthèse.

    Dans un angle, une bougie derrière la fenêtre, un phare dans la brume ambiante.

    On pousse la porte.

    Une autre nature de brouillard se répand, un brouillard douillet, cotonneux, intriguant.

    On pénètre dans un univers d'ombres fantomatiques.

    C'est étrange.

    On s'approche.

    On recule.

    Et l'on bascule de l'autre côté du miroir.

    Là où le spectre lumineux de Marie Antoinette a encore toute sa tête.

    La pénombre ne dissimule rien du faste ambiant.

    Monarchie crépusculaire aux portes de la longue nuit.

    Point de nostalgie.

    Juste un songe.

    L'antichambre du drame.

    Les fêlures des statues témoignent.

    C'est fini et cela n'en finit pas.

    On se retrouve dehors, on flotte sous la pluie, un peu plus évanescent qu'avant.

    Merci Flore d'avoir "mis ça dans mon panier"

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  3. effectivement, c'est un très beau commentaire, Clémentine !!
    bravo et merci !

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