Grâce à ma copine-élève Sandrine Z. hier soir, pour A. et moi, c'est vernissage de la nouvelle exposition de Corinne Mercadier.
Ou "quelle issue possible lorsqu'on n'a plus de polas dans son frigo ?".
En partant, j'achète son livre "Corinne Mercadier" chez Filigranes Éditions pour la bibliothèque de l'Atelier.
Devant un champ obscur
dans le cadre du Mois de la Photo à Paris
Galerie Les Filles du Calvaire
75003 Paris
Exposition du 31 octobre au 1er décembre 2012
31.10.12
26.10.12
Exposition Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat
Libellés :
Moments heureux,
Photographie
C'est le cadeau que je me suis fait à moi-même cette semaine, aller voir l'exposition de Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat.
Je suis une admiratrice fervente de son travail mais je ne le connaissais qu'au travers des livres - sa dernière exposition en France remontant à une vingtaine d'année, je crois - je n'avais jamais vu de tirages.
On n'imagine pas un lieu, un galeriste, je devrais dire un hôte, mieux appropriés pour recevoir ces images.
Une soixante de photographies de toutes tailles et de toutes sortes, oniriques, mystérieuses et servies par cet accrochage en mosaïque si cohérent dans cette galerie-boudoir ; l'ensemble m'a saisie au cœur tant il révèle de l'auteur.
Des épingles, des bandes de scotch, des cadres sans verres où baillent des tirages magnifiques barrés par la signature, des cadres sans tirages, comme autant de signes de la présence de l'artiste en son absence.
A. et moi, nous nous agenouillons volontiers pour découvrir les images les plus basses.
Mon plaisir a été décuplé, je le confesse, par l'accueil et certainement la personnalité même de Serge Aboukrat qui nous a reçu avec autant de grâce, de disponibilité et de courtoisie que si nous étions attendus chez lui.
Et, c'est assez rare pour le signaler, ne semble même pas déçu lorsqu'il apprend que je suis photographe et non pas l’acheteuse potentielle dont rêve tout galeriste - ou s'il l'est le cache c'est avec une élégance charmante.
Et, c'est assez rare pour le signaler, ne semble même pas déçu lorsqu'il apprend que je suis photographe et non pas l’acheteuse potentielle dont rêve tout galeriste - ou s'il l'est le cache c'est avec une élégance charmante.
De surcroît, en tant que photographe, j'envie à Déborah Turbeville un galeriste qui accueille sa créativité de d'artiste à bras ouverts, si j'ose dire.
Une exposition à ne pas manquer en cette rentrée très riche.
Mois de la Photographie
Unseen Versailles
Photographies de Deborah Turbeville
Galerie Serge Aboukrat
7, place Furstenberg
75006 Paris
Exposition du 17 octobre au 31 janvier 2012
25.10.12
Anté-Numérique - Exposition vente à l'Atelier Tozf
Libellés :
Exposition,
Moments heureux,
Photographie
A l’occasion de Paris Photo, le Studio TOZF organise Anté-Numérique, une expo-vente en collaboration avec les laboratoires les plus prestigieux de Paris et d’ailleurs.
Le thème de cette exposition portera sur les tirages photographiques traditionnels et alternatifs.
Le thème de cette exposition portera sur les tirages photographiques traditionnels et alternatifs.
Alternatifs
Alternative
J'aime bien cette idée d'un autre possible.
Tandis que certains - suivez mon regard - tentent de nous convaincre que
"hors du grand tirage numérique en couleurs" il n'y point de salut, il
est bon aussi de voir qu'un lieu aussi réputé que l'Atelier Tozf prend
la peine d'organiser une exposition parfaitement à contre-courant de
cette tendance hégémonique.
Ceux qui me connaissent comprendront facilement combien je suis reconnaissante à mon galeriste Jean-Pierre Haie de m'avoir choisie pour représenter Demi-Teinte.
En complément, je vous livre le très beau texte de Didier Brousse :
La photographie est, de façon primordiale, une «sun picture», comme le disait Fox Talbot, l’un de ses inventeurs. Une image formée par la lumière, dans un piège optique (la camera obscura) et chimique (les sels d’argent développés et fixés). Ce qui nous fascine dans ce piège, c’est son autonomie (The Pencil of Nature :la nature se peint elle même), la maîtrise de l’image nous échappe, et quelque chose de la vérité, de l’âme des choses, est ici enfermée.
Cette absence de maîtrise est un piège délicieux, qui permet à quelque chose de plus grand que ce que nous imaginions de se manifester. Un mystère.
Le numérique nous permet un contrôle de l’image que nous pouvons retravailler à notre fantaisie. C’est ce que l’on appelle, je pense, de l’art graphique. Ce n’est plus tout à fait de la photographie, de la «Sun Picture».
Les tireurs qui travaillent avec leurs mains en coquille sous les rayons de l’agrandisseur pour retenir et brûler, puis plongent dans le révélateur, agitent, chauffent les blancs qui tardent à monter, sont les acteurs d’un théâtre où l’on ne rejoue jamais deux fois le même texte avec le même succès.
L’image est là. Avec ses qualités toujours incertaines. Qu’il faut laisser mûrir.
Quel délice lorsqu’on la revoie après les années passées.
Car c’est une chose étrange : on ne sait pas ce qu’est la perfection. On essaie d’y atteindre, et, lorsqu’on travaille sur un tirage, on est sensible à des détails minuscules de lumière, que l’on ne discerne plus le lendemain. Mais cette quête menée à tâtons tire sans doute vers une certaine excellence, car, oui, les années passées, il arrive qu’on admire sa propre besogne.
J’ai beaucoup tiré. Je connais l’intimité avec une image que cela procure. Aussi forte parfois que celle du photographe.
Mais il faut avoir mis les mains dans les rayons de lumière et dans la chimie. Sinon, on ne voit rien. Ou on se laisse prendre aux apparences trop immédiates, que l’on n’a pas eu le temps et la chance de voir naître au fil des minutes dans la pénombre.
La technique d’impression numérique peut approcher, dépasser peut être cette qualité. Peu importe. Le décisif, le vivant, c’est la non maîtrise et l’incertitude, qui laissent une chance au monde des choses visibles d’exister dans nos images.
Cette absence de maîtrise est un piège délicieux, qui permet à quelque chose de plus grand que ce que nous imaginions de se manifester. Un mystère.
Le numérique nous permet un contrôle de l’image que nous pouvons retravailler à notre fantaisie. C’est ce que l’on appelle, je pense, de l’art graphique. Ce n’est plus tout à fait de la photographie, de la «Sun Picture».
Les tireurs qui travaillent avec leurs mains en coquille sous les rayons de l’agrandisseur pour retenir et brûler, puis plongent dans le révélateur, agitent, chauffent les blancs qui tardent à monter, sont les acteurs d’un théâtre où l’on ne rejoue jamais deux fois le même texte avec le même succès.
L’image est là. Avec ses qualités toujours incertaines. Qu’il faut laisser mûrir.
Quel délice lorsqu’on la revoie après les années passées.
Car c’est une chose étrange : on ne sait pas ce qu’est la perfection. On essaie d’y atteindre, et, lorsqu’on travaille sur un tirage, on est sensible à des détails minuscules de lumière, que l’on ne discerne plus le lendemain. Mais cette quête menée à tâtons tire sans doute vers une certaine excellence, car, oui, les années passées, il arrive qu’on admire sa propre besogne.
J’ai beaucoup tiré. Je connais l’intimité avec une image que cela procure. Aussi forte parfois que celle du photographe.
Mais il faut avoir mis les mains dans les rayons de lumière et dans la chimie. Sinon, on ne voit rien. Ou on se laisse prendre aux apparences trop immédiates, que l’on n’a pas eu le temps et la chance de voir naître au fil des minutes dans la pénombre.
La technique d’impression numérique peut approcher, dépasser peut être cette qualité. Peu importe. Le décisif, le vivant, c’est la non maîtrise et l’incertitude, qui laissent une chance au monde des choses visibles d’exister dans nos images.
Didier Brousse (Galerie Camera Obscura)
Septembre 2012
Septembre 2012
Anté-Numérique
Atelier Tozf
23 Rue Godefroy Cavaignac
75011 Paris
Tel : 01 43 72 41 31
Entrée libre
Ouvert tous les jours, dimanche inclus, de 12h à 19h
75011 Paris
Tel : 01 43 72 41 31
Vernissage le 9 novembre à partir de 17h
Exposition du 9 au 18 novembre 2012Entrée libre
Ouvert tous les jours, dimanche inclus, de 12h à 19h
24.10.12
Lecture de portfolio - Mon dernier coup de coeur
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Pédagogie,
Photographie
En lecture de portfolios, on est amené à regarder - et c'est bien heureux - des travaux extrêmement différents.
Le challenge pour l'expert est, à mon avis, de s'extraire assez de ses propres goûts, de se mettre dans une position d'ouverture qui lui permette de regarder les images présentées plutôt dans la compréhension de ce qui a été tenté par le photographe que dans le jugement.
Je ne regarde pas les photos d'un même oeil si je visite une exposition ou une foire pour mon propre compte, que si je fais la même visite dans un but pédagogique ou lorsque je suis en entretien avec un photographe qui vient me montrer un travail en cours.
Dans ce dernier cas, tout mon être est tendu vers ce que j'espère pouvoir apporter d'enrichissant à une personne qui m'a fait confiance.
Parfois, il arrive que le travail présenté touche ma particulièrement ma sensibilité et soit tel que je l'aurais remarqué dans d'autres circonstances, si je l'avais vu dans une foire par exemple.
C'est assez rare mais c'est toujours un plus grand bonheur pour moi d'être amenée à encourager, à soutenir l'auteur dans son projet dans ces cas là.
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Mon dernier coup de cœur aura été pour Près du passé luisant, demain est incolore de Valérie Loiret-Brunissen, une série très fitzgeraldienne qui s'attache à saisir avec toute la délicatesse que cela nécessite forcément et je la cite pour ne pas la trahir "en un moment tremblant la beauté de ce qui a été, et qui n'affleure qu'en un instant de grâce avant de s'évanouir à nouveau."
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© Valérie Loiret-Brunissen
J'invite chaleureusement les plus curieux d'entre vous à aller découvrir en avant-première un extrait de cette série à la Mairie du 11ème à Paris jusqu'au 28 octobre.*
*Salon de la Photographie
Mairie du 11ème
Salle Olympe de Gouges
15, rue Merlin
75011 Paris
M° Voltaire - Père Lachaise
Du 20 au 28 octobre 2012 de 12h à 19h
20.10.12
De l'aéroport de Naples
Libellés :
Italie,
Photographie
Que le lecteur se montre clément et me permette de résumer en quelques lignes notre séjour sur la côté amalfitaine.
Le verre à moitié vide :
J'ai trouvé - et ça n'engage que moi - la région affreusement surfaite, les prix pratiqués (3€ de l'heure pour le parking, 5€ pour un caffè con panna) exorbitants au vu des prestations et les contraintes imposées par la géographie des lieux, à savoir des heures et des heures de voiture sur une route infernale peu en rapport avec le plaisir éprouvé à l'arrivée.
Seule exception à mes yeux, Ravello mais j'imagine qu'on doit trouver sans peine quelques belles villas avec jardin et fontaine en cherchant un peu du côté de la Toscane.
Mon conseil donc, si vous voulez voir de la montagne se jetant dans une mer turquoise, économisez-vous, allez en Corse et si vous voulez à tout prix manger italien, optez plutôt pour Naples ; en prime vous aurez le Vésuve sous les yeux toute la journée.
Quant à Ravello, j'ai vu toutefois qu'on pouvait y parvenir en hélicoptère directement dans les jardins de l’Hôtel Cimbrone ; à mon avis, c'est encore le mieux.
Le verre à moitié plein :
Après avoir risqué nos misérables existences sur leur route mortelle jusqu'à satiété, nous avons pris un hôtel sur les hauteurs de Sorrente avec vue sur le Golfe de Naples, classique premier plan de pins parasols et passé nos journées en maillots au solarium à lire (Dolce Vita 1959-1979 de Simonetta Greggio), à écrire et à peindre de petites aquarelles sans prétention.
J'entends d'ici les ricanements :
"On s'en fiche de ses vacances et la photographie dans tout ça ?"
"On s'en fiche de ses vacances et la photographie dans tout ça ?"
Réflexions d'aveugles.
La photographie ? Elle est entre les lignes ; comme là-bas, bien difficile à entrevoir dans ce pays de randonnée pour moi qui ne suis pas précisément une photographe de paysage.
De ma fenêtre, je regarde chaque matin la brume se lever sur la montagne proche et chaque après-midi j'arpente des villages aux rues emplies de céramiques répétitives.
Je pourrais aussi bien laisser le boîtier au fond de ma valise pour ce qu'il me sert.
Et le soir avant de m'endormir, je me ressasse la petite phrase de mon pote JML qui en revenait lorsque nous partions "Dans les villages ?...heu...il n'y a rien a voir..."
Avant de nous mettre en "vacances" j'ai travaillé pourtant et du mieux que j'ai pu.
Souvent, je dis à mes élèves, ne vous inquiétez pas, il y a toujours une période délicate lorsqu'on a fini une série et qu'on en commence une autre ; on quitte quelque chose de connu et de réalisé qui nous sécurise pour l'inconnu - au mieux c'est inconfortable, au pire c'est vraiment difficile.
Je n'irais pas jusqu'à dire que c'était vraiment difficile mais...
18.10.12
9.10.12
Un brin de résistance
Libellés :
Moments heureux,
Photographie
Hier, pour lutter contre la grisaille ambiante - ou est-ce contre l'hégémonie du grand tirage numérique couleur qui semble nous menacer ? - A. m'offre une petite boite de papier Crumière.
???
Je veux dire une boite pleine.
Même pas ouverte.
100 feuilles.
Brillant.
6x9
Même pas ouverte.
100 feuilles.
Brillant.
6x9
Spécial contraste.
2 euros.
!!!
Oui, un papier qui date de 1930 à la louche.
Je suis tout de suite d'humeur charmante.
Surtout en lisant que le temps de pose sera entre 2 et 3 secondes si j'utilise 16 bougies pour l'insolation.
Aujourd'hui, faute d'avoir eu le temps de me procurer deux chandeliers à huit branches, pardon de vous décevoir mais j'ai fourré tout ça sous l' agrandisseur.
Après quelques tests - que des gris, que des blancs - j'ai fini par opter pour un développement en deux bains, révélateur 1 Warm Tone de Téténal augmenté de 5g de benzotriazol par litre (1mn30) suivi du révélateur 2 nature (1mn30).
Je livre ça sans prétention et pour ce que ça vaut mais le résultat m'a bien convenu.
Je ne dirait pas que ça a fait venir des blancs ( comme je tire sans blancs ces temps derniers, je n'ai pas été dépaysée ) par contre j'ai de beaux noirs.
J'ai choisi une petite série d'images de Pompei et d'ailleurs, je trouve le résultat très attachant, on dirait le journal d'Une femme française en Orient...
J'ai choisi une petite série d'images de Pompei et d'ailleurs, je trouve le résultat très attachant, on dirait le journal d'Une femme française en Orient...
C'est un moment bien agréable ; du coup, nous décidons de rester dormir à l'atelier...
4.10.12
"Il faut une grande hardiesse pour être soi" (suite) Eugène Delacroix
Libellés :
Photographie
Donc, comme hier aucun Thalys ne circulait pour cause de grève, mon escapade à Bruxelles se sera réduite à un aller-retour dans la journée qui, au final, disons-le, était largement suffisant pour prendre la mesure de cette nouvelle édition de Fotofever que, pour ma part, j'ai trouvé fort décevante tant sur le plan de la fréquentation - largement inférieure à celle de l'an passé à Paris - que sur celui de la sélection.
Suis-je vraiment la seule, je me le demande, à faire une overdose de ces immenses tirages numériques en couleurs photoshopés à mort et brillants de mille feux sous leurs "Diassec" qui me donnent à peu près autant d'émotion - leur prix de revient mis à part - que les collections H&M ?
N'est-il pas intellectuellement "questionnant", si j'ose dire, que tous les artistes de la planète se mettent à faire simultanément la même chose ou peu s'en faut ?
Si l'on part du postulat que l'art serait une expression de soi si intime qu'elle atteindrait par un point au moins au collectif, que peut-on déduire de toutes ces images qui nous sont données à voir et dont on peine à identifier l'auteur tant elles se ressemblent ?
Que doit-on déduire de leurs auteurs ?
Qu'ils ont été clonés ?
Voyons-nous des œuvres de clones sans le savoir ?
Ce serait rassurant, en un sens ; ça expliquerait bien des programmations.
Il y avait aussi des photographies à regarder heureusement - indépendamment de la Galerie 127 qui me représente comme on sait - une jolie poignée de Masao Yamamoto, dont un en couleurs qui m'a fait grande envie, de grands classiques à la Box Galerie et à la galerie Paris-Beijing d’attachantes installations (pardon, je ne sais pas comment dire autrement) du photographe indien Nandan Ghiya * pour lesquelles j'aurais bien craquée et qui seront mon coup de cœur de cette année.
| 'Summer Group Show' | ||
| The Family Tree Galerie Paris-Beijing (Paris) Nandan Ghiya Exposition du 13 septembre au 23 octobre 2012 |
June 1st - September 1st 2012 | |
* Courtesy Galerie Paris-Beijing
1.10.12
Libellés :
Exposition,
Moments heureux
Passé la majeure partie de ce dimanche ensoleillé à mettre sous cadres les tirages destinés à Fotofever en écoutant à fond Backsreets of Desire du regretté Willy DeVille.
Du coup, j'entame ma semaine avec des entailles plein les doigts et de la musique plein la tête.
27.9.12
Suis-je ou non un photographe contemporain ?
Libellés :
Photographie
Il semble parfois qu'au vu de ma dernière série Une femme française en Orient - parce qu'elle est en argentique et en noir et blanc - pour mes interlocuteurs la question se pose de savoir si je suis ou non un photographe contemporain.
Parce que je ne fais pas en ce moment de grands formats en couleurs comme le voudrait la tendance ?
Je vous livre ci-dessous un texte de Giorgio Agamben qui traite justement de la notion de contemporain et qui me parait apporter une réponse satisfaisante pour ce qui concerne mon travail :
Dans un petit
livre qui reprend la leçon inaugurale du cours de philosophie théorique
donné en 2005-2006 à l'université de Venise, Giorgio
Agamben interroge en six points la notion de contemporain. « De qui
et de quoi sommes nous contemporains? Et, avant tout, qu’est-ce que cela
signifie, être contemporains? »
La première proposition, faite en écho à un remarque de F. Nietzsche considère que "Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n'adhère à ses prétentions, et se définit, en ce sens comme innactuel; mais précisément par cet écart et cet anachronisme, il est plus apte que les autres à percevoir et à saisir le temps." Autrement dit, à vouloir coller à son époque, se couler pleinement dans les schémas qu'elle propose, est la meilleur façon de ne pas la voir. C'est la question de la distance qui est ici pointée, la distance suffisante pour une mise au point nécessaire.
La première proposition, faite en écho à un remarque de F. Nietzsche considère que "Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n'adhère à ses prétentions, et se définit, en ce sens comme innactuel; mais précisément par cet écart et cet anachronisme, il est plus apte que les autres à percevoir et à saisir le temps." Autrement dit, à vouloir coller à son époque, se couler pleinement dans les schémas qu'elle propose, est la meilleur façon de ne pas la voir. C'est la question de la distance qui est ici pointée, la distance suffisante pour une mise au point nécessaire.
La seconde
proposition s'appuie sur la lecture d'un poème qui, par la métaphore de
la colonne vertébrale, suggère l'idée de l'enchaînement et de
la rupture que représentent la figure du siècle, de l'espoir
naissant à ses feux resplendissants, jusqu'à son terme que le poète
chevauche et envisage.
De ce corps à
l'échine brisé, se retournant sur lui même pour contempler ces propres
traces, le poète - contemporain de ce siècle -
« est donc celui qui fixe le regard sur son temps pour en percevoir
non les lumières, mais l'obscurité." et plus loin, G.Agamben précise :
"Contemporain est celui qui reçoit en plein visage
le faisceau de ténèbres qui provient de son temps."
Une réflexion sur
l'astrophysique puis sur la mode conduisent l'auteur à poser la
question du temps discontinu, entre la notion d'actualité et
d'inactualité, entre un trop tôt et un trop tard, entre un "pas
encore", un "ne plus", un futur et un passé décliné au présent, ravivé
comme la lumière d'un astre déjà mort qui rayonne
encore pour nous.
Ce déphasage,
cette torsion du temps pose enfin la question de la relation souvent
étroite qui se manifeste dans les signes contemporains d'un
archaïsme, d'une origine. "Les historiens de l'art et de la
littérature savent qu'il y a entre l'archaïque et le moderne un
rendez-vous secret, non seulement parce que les formes les plus
archaïques semblent exercer sur le présent une fascination
particulière, mais surtout parce que la clé du moderne est cachée dans
l'immémorial et le préhistorique.", et d'en déduire : "Etre
contemporain signifie en ce sens, revenir à un présent où nous
n'avons jamais été."
"C'est comme si, cette invisible lumière qu'est l'obscurité du présent projetait son ombre sur le passé tandis que celui-ci, frappé par ce faisceau d'ombre, acquérait la capacité de répondre aux ténèbres du moment."
"C'est comme si, cette invisible lumière qu'est l'obscurité du présent projetait son ombre sur le passé tandis que celui-ci, frappé par ce faisceau d'ombre, acquérait la capacité de répondre aux ténèbres du moment."
__
Giorgio Agamben « Qu’est ce que le contemporain ? », traduit de l’italien par Maxime
Rovere. Rivages Poche (Petite Bibliothèque), juillet 2008
24.9.12
FOTOFEVER Bruxelles
Libellés :
Exposition,
Photographie
Bonne nouvelle de cette rentrée, je suis heureuse d'avoir été choisie par Nathalie Locatelli pour exposer sur le stand de la Galerie 127 lors de l'édition de Fotofever Bruxelles.
A cette occasion nous avons choisi de montrer, en plus des nouvelles photographies d'Une femme française en Orient, une sélection des polaroïds originaux de Journées tunisiennes.
Une projection de L'Egypte de Flore - le documentaire d'Adrian Claret-Pérez consacré à mon travail - est programmée jeudi 3 octobre à 14h30.
Ceux qui souhaiteraient venir me faire un petit signe d'amitié pourront me retrouver sur le stand de la Galerie 127 le jeudi de 14h à 22h et le vendredi de 11h à 19h.
A. malheureusement (pour moi) ne sera pas du voyage occupé en Andorre par la promotion de son nouveau documentaire.
18.9.12
Avant, c'était l'été
Dimanche,
je me console de n'avoir pas accès au labo pour cause de stage de sténopé en achetant une petite image estivale.

Je crois que c'est le mélange entre le sujet et le cadre qui me fait ainsi craquer.
13.9.12
Lecture de portfolio à distance
Libellés :
Pédagogie,
Photographie
Cette histoire de lecture de portfolio assistée par skype peut paraitre surréaliste comme semble le penser Nicolas L dans son commentaire mais il faut imaginer, beaucoup de gens qui font de la photographie ou qui sont photographes vivent ailleurs qu'à Paris - en France ou à l'étranger - et quand le prix du billet d'avion ou de train se rajoute au prix de la lecture elle-même, ça fait vite une somme coquette.
Certains pourtant souhaitent avoir mon avis et que je les accompagne dans leur recherche, ils comprennent bien que ce ne sera pas exactement comme un tête à tête mais ils savent aussi que je ferai mon maximum.
Ce matin, j'ai Florence G en ligne.
Elle ne vit plus à Paris.
Elle se prépare à sa première exposition collective, c'est un beau moment en perspective mais elle a encore mille interrogations concernant la numérotation et le prix des tirages, le choix du papier, l'encadrement, le titre de la série etc
Comme beaucoup d'entre nous, elle cherche quelqu'un de confiance vers qui se tourner pour évoquer ces sujets nouveaux pour elle, quelqu'un de neutre, de bienveillant - qui ne soit ni ses copains ni sa galerie - avec qui avoir un échange, comment dire, protégé.
Le dossier arrive hier sur ma boite mail, il comprend des photos, des réflexions, des questions, je le regarde attentivement, je prends des notes.
Nous nous somme fixé un rendez-vous précis ; à midi, mon skype sonne, nos webcams fonctionnent, nous pouvons nous saluer, nous sourire, ses photos sont ouvertes sur mon écran (calibré !), nous travaillons bien.
Disons que seul le café manquait.
Et les tirages ? me direz-vous.
Et vous savez que j'adore ça.
Et vous savez que j'adore ça.
Mais, allons, soyons francs, dans les lectures habituelles, on regarde tant de tirages de lecture, d'écrans de portables ou d'IPad, de livres numériques que ça ne change guère ; je vois bien quand même si l'image est équilibrée ou non, magenta ou pas, si elle s'accorde avec le reste d'une série et si le tout est cohérent avec le discours du photographe.
Et puis, les personnes qui s'adressent à moi espèrent que je vais les aider à progresser d'une manière ou d'une autre sur des travaux qui sont, la plupart du temps, en cours ; je ne suis pas une galerie qui regarde un portfolio avant de choisir un artiste - du coup le tirage vu "en vrai", tenu à la main, ne revêt pas la même importance fondamentale.
Enseigner la photographie argentique ne signifie pas nécessairement que je suis restée bloquée au XIX° siècle, je n'arrive pas en calèche à l'Atelier, j'adore mon IPhone 4 S - ce n'est pas le 5 qui m'en fera changer - et lorsque la technologie peut se mettre au service de la transmission, je ne vois aucune raison de chipoter.
11.9.12
Ma "rentrée" , comme on dit
Libellés :
Photographie
Alors, pour être franche, ma "rentrée" ressemble tellement à ma "fin de saison" qu'on pourrait croire - n'était le temps déjà péniblement automnal - que je n'ai pas quitté Paris durant cinq bonnes semaines.
Ce qui change, c'est que dans l'été, je suis devenu une photographe franco-espagnole ; vu la crise en Espagne, on se doutera bien que cette jolie double nationalité n'a pas d'ambition lucrative.
Ce qui change, c'est que dans l'été, je suis devenu une photographe franco-espagnole ; vu la crise en Espagne, on se doutera bien que cette jolie double nationalité n'a pas d'ambition lucrative.
Ce qui change, c'est essentiellement que mes élèves arrivent bronzés à nos rendez-vous et riches de leur petite moisson estivale.
C'est est déjà pas mal, j'en conviens.
Ce qui change, c'est, en octobre avec la Galerie 127, Fotofever-Bruxelles au lieu de Fotofever-Paris.
Pour le reste, côté expo perso, nous parlons maintenant de la saison 2013-2014.
Quand je suis en forme, je trouve que c'est super, professionnel, rassurant, tout ça.
Si je suis un peu fatiguée, je trouve ça juste loin.
Dans l'ensemble, c'est toujours-encore-de-nouveau la course, le planning partagé entre l'enseignement et le travail perso, peu de temps vacant et autant de bonnes résolutions que si c'était le Nouvel An.
Travailler plus, faire plus d'expo, sortir plus, recevoir plus etc.
Exemple : fêter la Journée nationale de la Catalogne un verre de Cava à la main, écouter le dernier concert de oud d'un palestien qui rentre en Palestine.
Exemple : fêter la Journée nationale de la Catalogne un verre de Cava à la main, écouter le dernier concert de oud d'un palestien qui rentre en Palestine.
Avoir une deuxième vie quoi !
Ce qui change, c'est qu' une mes élèves - Ingrid Milhaud - rejoint l'équipe de profs de l'Atelier et ça ce n'est pas rien, c'est une grande première dans mon parcours d'enseignante ; avoir suffisamment transmis à quelqu'un pour qu'il puisse (et qu'il ait envie) de transmettre à son tour.
C'est ma fierté de l'année.
Ce qui change, c'est maintenant les lectures de portfolio, non plus en tête à tête à Paris dans mon salon mais via skype et une webcam avec l'autre personne à l'autre bout de la France.
On n'arrête pas le progrès.
Pour une prof spécialisée dans l'argentique, je me trouve assez futuriste !
C'est ma joie de la semaine.
10.9.12
De retour
Libellés :
Photographie
Alors, je n'essaierai pas de vous faire croire que, reprenant les cours à
l'Atelier hier lundi, je suis rentrée de vacances dimanche soir comme
une fleur.
Non, non, j'ai posé mes valises, mes espadrilles, mon chapeau de paille et l'Arca, si gentiment prêtée par Marie-Noëlle, dès fin août mais je m'étais fait cadeau d'une semaine toute seule au labo avant la reprise, ce qui explique mon silence jusqu'ici.
Non, non, j'ai posé mes valises, mes espadrilles, mon chapeau de paille et l'Arca, si gentiment prêtée par Marie-Noëlle, dès fin août mais je m'étais fait cadeau d'une semaine toute seule au labo avant la reprise, ce qui explique mon silence jusqu'ici.
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| © A. |
Bel été.
Pas très photographique.
Nous avons fait un toit.
c'est la vie qui continue, j'imagine.
Le tirage c'est assez long et ma semaine n'avait que six jours ; vendredi, je suis "descendue" à Marseille pour fêter dignement l'inauguration du Percolateur, le lieu consacré à la photographie qu'ouvre Marco Barbon.
Avec Marta, Florence et Hervé, on avait fait un petit charter amical à vrai dire.
Créer un nouveau espace destiné à la photographie, que ce soit à Marseille ou ailleurs, je trouve que c'est déjà sacrément courageux, culotté je dirais même.
On voulait être là.
Apparemment, pas mal de gens avaient eu la même idée et, à la louche, nous étions bien 400 à nous presser dans les salles, à boire du thé à la menthe - ou tout autre chose - en discutant de la programmation future ou de photographie en général.
Le tirage c'est assez long et ma semaine n'avait que six jours ; vendredi, je suis "descendue" à Marseille pour fêter dignement l'inauguration du Percolateur, le lieu consacré à la photographie qu'ouvre Marco Barbon.
Avec Marta, Florence et Hervé, on avait fait un petit charter amical à vrai dire.
Créer un nouveau espace destiné à la photographie, que ce soit à Marseille ou ailleurs, je trouve que c'est déjà sacrément courageux, culotté je dirais même.
On voulait être là.
Apparemment, pas mal de gens avaient eu la même idée et, à la louche, nous étions bien 400 à nous presser dans les salles, à boire du thé à la menthe - ou tout autre chose - en discutant de la programmation future ou de photographie en général.
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| © Nathalie Dalliès |
En prime de cette soirée fort festive, j'ai eu droit à un bain de mer aux îles du Frioul et à la compagnie charmante d'un autre copain photographe Cyril Carret.
Pour le reste, avouons-le, je n'ai rien vu de Marseille, à peine la Fnac où j'ai cherché une monographie de Mario Giacomelli.
En vain.
Et la librairie L'odeur du Temps.
Où je l'ai trouvée.
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