30.9.13

Ryuji Taira à la VOZ' Galerie

Alors... j'ai cessé d'écrire depuis si longtemps que je comprendrais que cela ait découragé les plus fidèles d'entre vous.
Je remercie chaleureusement ceux qui m'ont témoigné de leur intérêt pour ce blog durant ces mois de silence et ceux qui ont continué d'espérer jusqu'à se retrouver en train de me lire aujourd'hui.
Je peine un peu à m'expliquer ce silence malgré les actualités et occupations multiples, sans doute qu'au début je n'avais plus une seconde pour écrire et qu'ensuite l'envie est devenue de moins en moins présente.

Je connais d'autres blogs qui se sont ainsi terminés un jour sans qu'on puisse clairement définir comment ni pourquoi, ce qui avait été une joie avait un jour finalement cessé de l'être.

Certainement, c'est passé à deux doigts.
Mais me revoilà


Je me réjouis de revoir dès jeudi des photographies de Ryuji Taira dans le cadre d'une exposition à la VOZ'Galerie. Ceux qui m'ont lue jusqu'ici savent combien je suis une grande admiratrice de son travail, de ses tirages au platine, que nous sommes représentés au Japon et à Marrakech par les mêmes galeries et que ma plus grande joie serait de le rencontrer.
J'invite vivement ceux qui ne connaitraient pas encore son travail à venir juger par eux-même de son excellence et de sa délicate poésie.


© Ryuji Taira           2004
8 by 10 inches platinum palladium print on japanese gampi paper



Complément d'objet
Vernissage jeudi 3 octobre
Exposition du 3 octobre au 30 novembre 2013

VOZ'Galerie
41, rue de l'Est
92100 Boulogne-Billancourt 
Téléphone : 01.41.31.40.55
Fermé le lundi
 

© A.

1.6.13

Lectures de Portfolios au Percolateur

J'étais vendredi à Marseille, invitée par Marco Barbon à faire des lectures de portfolios au Percolateur.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, "une lecture de portfolio" signifie groso modo qu'un photographe plus ou moins avancé dans sa pratique a un rendez-vous avec une ou plusieurs personnes afin de leur montrer son travail, d'avoir leur avis et d'en recevoir des conseils.
Ceux qui regardent sont appelés  experts ou lecteurs. Il peut y en avoir un ou plusieurs à la fois.
La durée de l'entretien est traditionnellement de 20 mn dans le cadre de manifestations publiques comme les Rencontres d'Arles par exemple mais le reste du temps elle peut varier jusqu'à 1h ou plus.

L'Oeil de l'Esprit participe régulièrement  - et cet été encore - aux lectures organisées par Voies Off en Arles et durant l'année, je vois des dossiers à Paris en tant que responsable pédagogique.
Comme je l'ai déjà écrit parfois ici, c'est un exercice que j'aime vraiment beaucoup ; non seulement parce qu'il permet de voir des travaux et des types de photographie variés mais autant parce qu'il m'incite à la réflexion sur des points multiples qui sont après tout au centre de ma vie.

Qu'est ce qu'une bonne photographie ?
A quoi peut-on la reconnaitre ?
Un bon cadre, une bonne lumière, une bonne technique suffisent ils à faire une bonne photo ?
Si non, qu'est ce qui fait la différence ?
Une bonne photographie est-elle forcément de l'art ?
Et  d'ailleurs qu'est ce que l'art ?
Suis-je d'accord en ce point avec Heidegger pour qui
l'œuvre d'art est une puissance qui ouvre et installe un monde ?
Quelle(s) différence(s) entre un auteur et un artiste ?
Où se tient la photographie de reportage dans tout ça ?
Et celle de documentaire ?
Quelle place sont-elles en train de prendre dans le paysage (entendre  marché) ?
Et pour quelles raisons ?
Comment transmet-on certaines réflexions en un cours laps de temps ?
Quelle est la part de psychologie nécessaire à une bonne transmission ?
Et j'en passe.

J'ai l'habitude des lectures one to one et de celles où plusieurs lecteurs regardent en même temps un dossier mais au Percolateur vendredi Marco Barbon avait choisi une formule différente et chaque photographe voyait tour à tour les trois experts durant 45 mn.
Autant dire que c'était intense pour tout le monde !

Pour ma part, quand j'étais la dernière à voir un dossier, je ne pouvais pas éviter de penser à ce que mes deux respectés confrères, Emmanuelle Hascoet et Marco lui-même, avaient bien pu dire avant moi.

On a beau faire, le nom mythique de Magnum étend ses vastes ailes au dessus de nous. 

C'était vraiment enrichissant parce qu'ensuite, durant les deux jours suivants, nous n'avons pas cessé d'échanger nos réflexions et de partager nos ressentis ; chacun apportant sa personnalité, ses qualités et son expérience.

J'adore l'idée d'avoir un art, un métier, une vie, qui permettent une évolution et une remise en question perpétuelle.


17.5.13

Le vernissage

Sauf à être une star, et si l'on a choisi d'être présent, j'imagine qu'un vernissage génère toujours quelques appréhensions - le public sera-t-il au rendez-vous ? Le travail sera-t-il apprécié ?  -  qui sont plus vives si l'on est loin de chez soi et, par là même, plus ou moins privés du soutien affectif des ses proches.

J'avoue avoir été encore une fois terriblement gâtée par la vie.
J'ai vu arriver vers moi des amis de mes parents qui m'avaient connue enfant et qui avaient fait deux heures de route pour venir.
Philippe Donnadieu, si fidèle qu'il n'a pour ainsi dire raté aucun de mes vernissage en France depuis quinze ans, arrivant d'Arles n'en avait pas fait moins.

Marco Barbon et Philippe Donnadieu  © A.
 Arrivé en bateau la veille d'Alexandrie, ça ne s'invente pas, Gill D. comme surgit 30 ans après - sans sa guitare - des nuits fauves de notre folle jeunesse.

Avec Gill D. © A.
De talentueux confrères comme Marco Barbon et Cyril Carret - pourtant eux-même en plein accrochage.

D'autres visages familiers, la plupart venus de loin...
Et les inconnus, ceux qui attendent juste pour vous féliciter, vous dire merci.

C'était terriblement touchant.


Avec Florence Cyrulnik et Jean-Claude Vila    © A.

Enfin, j'ai eu la chance de rencontrer Florence Cyrulnik, que nous sympathisions, qu'elle apprécie mon travail et que ce soit justement elle qui soit en charge de présenter mon travail ; ce qu'elle a fait magnifiquement, en femme brillante et sensible qu'elle est.

Un bien joli moment que nous parachevons entre amis dans un bar à tapas de Marseille.









14.5.13

L'accrochage

Plus difficile de nourrir un blog via son smartphone donc j'espère qu'on me pardonnera d'être brève ce soir si je promets d'essayer d'en dire plus et mieux bientôt.




Une fois l'accrochage terminé de mains de maitres et en un temps record ce matin - l'éclairage ne dépendant pas de nous - voilà qu'il ne reste en théorie plus qu'à attendre tranquillement jeudi en vérifiant ici et là les derniers détails.


Il fait un temps merveilleux qui donne une douce illusion de vacances.

13.5.13

Fort Napoléon - Le montage

Arrivés, A. et moi, hier après-midi en TGV à Marseille avec, en plus des valises, les boites contenant les fameux tirages qui ont monopolisés toute mon énergie ces dernières semaines.
Nous sommes péniblement chargés et je pense avec envie à ma copine Marie Rameau,* elle-même en partance pour un accrochage à Nantes et dont la centaine de ravissantes miniatures doit tenir dans un carton à chapeaux.
Pour le reste, je ne me plains pas, nous sommes adorablement accueillis dans le lieu de résidence du Percolateur durant ce séjour d'une semaine ; son directeur artistique Marco Barbon poussant la gentillesse jusqu'à nous prêter sa voiture pour faire la navette quotidienne jusqu'à la Seyne-sur-Mer où a lieu mon exposition.

Le Fort Napoléon, avec ses salles voutées en pierres et en briques rouges, est vraiment un magnifique endroit pour exposer et ce matin en le découvrant baigné de soleil, avec son palmier et ses abords coquettement fleuris, je suis vraiment conquise mais j'avoue qu'en voyant la taille des cinq salles qui me sont consacrées, j'ai un moment de découragement.

C'est un fort, donc c'est immense, on s'en douterait.

J'ai eu les plans dépliés dans mon salon voilà six mois au moins mais tout d'un coup mes tirages me semblent encore plus petits que d'ordinaire, on croirait Alice ayant croqué un gros bout du biscuit et je crains de n'avoir pas assez d'images pour habiter le lieu.
Heureusement, Jean-Christophe Vila, qui est en charge de la programmation et dont ce n'est pas la première exposition, se montre très confiant et donc très rassurant.


Après réflexion, nous choisissons la première salle pour la projection du documentaire d'Adrian Claret-Pérez L'Egypte de Flore qui aura lieu en boucle durant toute la durée de l'exposition permettant ainsi au public de découvrir un peu comment je travaille même s'il s'agit de la série précédente.


 Même ainsi, je ne suis pas privée, il me reste encore au moins 200 m2 !

Heureusement, le montage, comme tout le reste dans cette histoire, a été formidablement préparé en amont et je dispose de 48h pour décider de la séquence des œuvres.
Dans un premier temps, je profite que nous mettons, avec A., les tirages dans les cadres pour réfléchir un peu à une éventuelle disposition ; chaque tirage encadré va rejoindre le précédent sur du papier bulle au sol le long des murs me donnant peu à peu une idée plus claire des mètres linéaires ainsi utilisés et des espacements possibles.

Avant la pause déjeuner, tout étant réparti dans l'ensemble des salles de manière assez prometteuse, je  respirer un peu.


J'ai déjà exposé plusieurs séries ensemble dans plusieurs salles mais c'est la première fois que j'en ai autant pour une seule série ; la difficulté majeure, au moment de faire la "séquence", étant que je n'ai pas toutes les photos à la fois sous les yeux.
Lorsqu'il s'agit de choisir X pour aller aux cotés d' Y, je dois parfois sortir dans la cour, traverser tout le lieu pour trouver l'image qui me semble juste -  mais ne l'est pas souvent - et revenir.
De surcroit, les tirages sont dans deux formats différents et j'ai assez vite décidé de les mixer plutôt de les séparer par taille ce qui complique encore les choses.

Par chance, il y a, à droite et à gauche du couloir, deux salles petites comme des boudoirs qui s'annoncent parfaites pour montrer les polaroïds originaux, les tirages repeints et les petits objets dans les vitrines.

Comme c'est la première fois qu'Une femme française en Orient est exposée dans sa totalité, quatre ans après que j'ai commencé à travailler dessus, c'est une sorte d'aboutissement, de fête, pour moi et j'ai décidé de montrer pour l'occasion des planches-contacts, des notes de labo, certains des appareils photos dont je me suis servi, enfin de ces petites choses qui offrent au public un peu plus d'intimité, sinon avec le photographe lui-même, du moins avec son travail - ce qui n'est pas si loin  ; les vitrines sont parfaites pour leur présentation.


A 20h, la séquence est enfin terminée, imparfaite sans doute mais j'ai fait tout mon possible pour harmoniser les images avec le lieu et, malgré la fatigue, je trouve que l'ensemble sort plutôt bien.

Comme les tirages sont, encore une fois, montrés sans verre, ce qui les rend plus fragiles et que les salles sont assez poussiéreuses à cause des murs en pierres sèches, Jean-Christophe Vila décide gentiment de faire l'accrochage lui-même avec A. plutôt que de le confier à des mains étrangères.

Mais c'est pour demain et c'est une autre histoire.

*
Galerie Albane
du 14 mai au 1er juin 2013
1, rue Suffren
44000 Nantes
En présence de l'artiste les 31 mai et 1er juin de 15hà 19h








1.5.13

Coïncidences de la vie

Étrange, tout à l'heure je cherchais une photographie péniblement égarée ; en feuilletant ici et là dans un petit bazar intime je m'aperçois que mon arrière-grand mère - Émilie Marie Pascal de son nom de jeune fille - est née à la Seyne -sur-Mer.

 Où j'expose dans quinze jours.

J'ai peu connu cette petite dame qui avait survécu à un naufrage ou deux, dont la vie s'était étirée entre Dakkar, Saïgon et Tananarive et qui, m'accueillant dans son petit salon entre deux Bouddha chinois, m'offrait des berlingots merveilleusement colorés.

26.4.13

Persévérance

Certains se rappelleront peut-être que, A. et moi, nous avons entamé avec un bel optimisme la rénovation d'une petite bergerie en ruine perdue dans les Hautes-Corbières.

Le printemps venu, nous revoici sur le chantier avec autant de persévérance que de joie. 




Voilà qui change agréablement de la photographie.

11.4.13

Clin d'oeil

Et puisque,
en plus de ma grand-mère catalane,
je vais bientôt porter un nom catalan,
une petite image pour fêter la victoire du Barça,
hier soir contre le PSG !

© Roberto Cavazzuti *  2013  




* Est-ce un hasard si  justement l'auteur est italien ?

8.4.13

Luxe absolu

El espacio y el tiempo...
son instrumentos
magicos del alma...



  



Après une intense journée de stage suivie d'une non moins intense journée de cours en tête à tête avec Félix,
je me fais cadeau d'une belle soirée en solitaire.

27.3.13

Un coin de ciel bleu

J'en conviens volontiers, s'inscrire dans l'un des stages organisés par l'atelier de l'Oeil de l'Esprit est à peu près aussi difficile qu'avoir une bonne place au Théâtre de la Ville sans y être abonné.

Je comprends que ça puisse être pénible de se dire qu'on va devoir attendre six mois le prochain stage de cyanotype ou de sténopé et que ça peut décourager certains, voire les inciter à se tourner vers des concurrents quoique, au fond, ce soit mal nous connaitre car il suffit de demander.

Vous avez envie d'apprendre le tirage Van Dyke et vous vous apercevez que nos deux prochains stages sont complets, qu'importe, il suffit de me téléphoner et nous organisons une date à votre convenance.

© Laetitia Gilbert*



Ainsi, hier, ai-je passé la journée avec Laetitia G. qui souhaitait apprendre le cyanotype mais avait eu connaissance trop tard des deux stages de janvier. Un simple coup de fil et quinze jours plus tard, elle est là avec ses images et ses questions.
Comme nous sommes en tête à tête, nous allons à son rythme, je peux lui accorder toute mon attention et les résultats sont vite là.
 Du coup, nous passons une excellente journée et nous nous quittons, fatiguées certes, mais contentes l'une de l'autre et prêtes à nous retrouver un jour ou l'autre avec plaisir pour de nouvelles aventures photographiques.



  


 * Cyanotype

21.3.13

A défaut d'un vrai printemps...

... fort heureuse de voir arriver ce matin, ma nouvelle assistante.
Aurélie Gosset.
Voilà la jeune femme qui va être mon bras droit ces prochains mois.
En cette période assez intense de préparation d'exposition,
c'est comme une tiède brise d'espérance qui rentre avec elle à l'atelier.

Pedro Soler au Théâtre de l'Athénée


Ceux d'entre nous qui s’intéressent à la musique en général et à la guitare en particulier et qui n'ont pas eu la chance de pouvoir aller écouter Pedro Soler et Philippe Mouratoglou au Philarmonique de Berlin pourront se rattraper lundi 25 mars en venant assister au concert unique qu'ils donneront à l'Athénée Théâtre Louis Jouvet.
A. et moi, nous y serons sans faute, notre admiration pour Pedro Soler en tant qu'artiste n'ayant d'égale que l'affection que nous portons à l'homme qu'il est. 
Je ne saurais trop vous encourager à venir l'écouter, vous partagerez non seulement une belle soirée musicale mais aussi, c'est presque certain, un  moment de grâce comme il ne nous est pas donné souvent d'en vivre par les temps qui courent.