17.5.13

Le vernissage

Sauf à être une star, et si l'on a choisi d'être présent, j'imagine qu'un vernissage génère toujours quelques appréhensions - le public sera-t-il au rendez-vous ? Le travail sera-t-il apprécié ?  -  qui sont plus vives si l'on est loin de chez soi et, par là même, plus ou moins privés du soutien affectif des ses proches.

J'avoue avoir été encore une fois terriblement gâtée par la vie.
J'ai vu arriver vers moi des amis de mes parents qui m'avaient connue enfant et qui avaient fait deux heures de route pour venir.
Philippe Donnadieu, si fidèle qu'il n'a pour ainsi dire raté aucun de mes vernissage en France depuis quinze ans, arrivant d'Arles n'en avait pas fait moins.

Marco Barbon et Philippe Donnadieu  © A.
 Arrivé en bateau la veille d'Alexandrie, ça ne s'invente pas, Gill D. comme surgit 30 ans après - sans sa guitare - des nuits fauves de notre folle jeunesse.

Avec Gill D. © A.
De talentueux confrères comme Marco Barbon et Cyril Carret - pourtant eux-même en plein accrochage.

D'autres visages familiers, la plupart venus de loin...
Et les inconnus, ceux qui attendent juste pour vous féliciter, vous dire merci.

C'était terriblement touchant.


Avec Florence Cyrulnik et Jean-Claude Vila    © A.

Enfin, j'ai eu la chance de rencontrer Florence Cyrulnik, que nous sympathisions, qu'elle apprécie mon travail et que ce soit justement elle qui soit en charge de présenter mon travail ; ce qu'elle a fait magnifiquement, en femme brillante et sensible qu'elle est.

Un bien joli moment que nous parachevons entre amis dans un bar à tapas de Marseille.









14.5.13

L'accrochage

Plus difficile de nourrir un blog via son smartphone donc j'espère qu'on me pardonnera d'être brève ce soir si je promets d'essayer d'en dire plus et mieux bientôt.




Une fois l'accrochage terminé de mains de maitres et en un temps record ce matin - l'éclairage ne dépendant pas de nous - voilà qu'il ne reste en théorie plus qu'à attendre tranquillement jeudi en vérifiant ici et là les derniers détails.


Il fait un temps merveilleux qui donne une douce illusion de vacances.

13.5.13

Fort Napoléon - Le montage

Arrivés, A. et moi, hier après-midi en TGV à Marseille avec, en plus des valises, les boites contenant les fameux tirages qui ont monopolisés toute mon énergie ces dernières semaines.
Nous sommes péniblement chargés et je pense avec envie à ma copine Marie Rameau,* elle-même en partance pour un accrochage à Nantes et dont la centaine de ravissantes miniatures doit tenir dans un carton à chapeaux.
Pour le reste, je ne me plains pas, nous sommes adorablement accueillis dans le lieu de résidence du Percolateur durant ce séjour d'une semaine ; son directeur artistique Marco Barbon poussant la gentillesse jusqu'à nous prêter sa voiture pour faire la navette quotidienne jusqu'à la Seyne-sur-Mer où a lieu mon exposition.

Le Fort Napoléon, avec ses salles voutées en pierres et en briques rouges, est vraiment un magnifique endroit pour exposer et ce matin en le découvrant baigné de soleil, avec son palmier et ses abords coquettement fleuris, je suis vraiment conquise mais j'avoue qu'en voyant la taille des cinq salles qui me sont consacrées, j'ai un moment de découragement.

C'est un fort, donc c'est immense, on s'en douterait.

J'ai eu les plans dépliés dans mon salon voilà six mois au moins mais tout d'un coup mes tirages me semblent encore plus petits que d'ordinaire, on croirait Alice ayant croqué un gros bout du biscuit et je crains de n'avoir pas assez d'images pour habiter le lieu.
Heureusement, Jean-Christophe Vila, qui est en charge de la programmation et dont ce n'est pas la première exposition, se montre très confiant et donc très rassurant.


Après réflexion, nous choisissons la première salle pour la projection du documentaire d'Adrian Claret-Pérez L'Egypte de Flore qui aura lieu en boucle durant toute la durée de l'exposition permettant ainsi au public de découvrir un peu comment je travaille même s'il s'agit de la série précédente.


 Même ainsi, je ne suis pas privée, il me reste encore au moins 200 m2 !

Heureusement, le montage, comme tout le reste dans cette histoire, a été formidablement préparé en amont et je dispose de 48h pour décider de la séquence des œuvres.
Dans un premier temps, je profite que nous mettons, avec A., les tirages dans les cadres pour réfléchir un peu à une éventuelle disposition ; chaque tirage encadré va rejoindre le précédent sur du papier bulle au sol le long des murs me donnant peu à peu une idée plus claire des mètres linéaires ainsi utilisés et des espacements possibles.

Avant la pause déjeuner, tout étant réparti dans l'ensemble des salles de manière assez prometteuse, je  respirer un peu.


J'ai déjà exposé plusieurs séries ensemble dans plusieurs salles mais c'est la première fois que j'en ai autant pour une seule série ; la difficulté majeure, au moment de faire la "séquence", étant que je n'ai pas toutes les photos à la fois sous les yeux.
Lorsqu'il s'agit de choisir X pour aller aux cotés d' Y, je dois parfois sortir dans la cour, traverser tout le lieu pour trouver l'image qui me semble juste -  mais ne l'est pas souvent - et revenir.
De surcroit, les tirages sont dans deux formats différents et j'ai assez vite décidé de les mixer plutôt de les séparer par taille ce qui complique encore les choses.

Par chance, il y a, à droite et à gauche du couloir, deux salles petites comme des boudoirs qui s'annoncent parfaites pour montrer les polaroïds originaux, les tirages repeints et les petits objets dans les vitrines.

Comme c'est la première fois qu'Une femme française en Orient est exposée dans sa totalité, quatre ans après que j'ai commencé à travailler dessus, c'est une sorte d'aboutissement, de fête, pour moi et j'ai décidé de montrer pour l'occasion des planches-contacts, des notes de labo, certains des appareils photos dont je me suis servi, enfin de ces petites choses qui offrent au public un peu plus d'intimité, sinon avec le photographe lui-même, du moins avec son travail - ce qui n'est pas si loin  ; les vitrines sont parfaites pour leur présentation.


A 20h, la séquence est enfin terminée, imparfaite sans doute mais j'ai fait tout mon possible pour harmoniser les images avec le lieu et, malgré la fatigue, je trouve que l'ensemble sort plutôt bien.

Comme les tirages sont, encore une fois, montrés sans verre, ce qui les rend plus fragiles et que les salles sont assez poussiéreuses à cause des murs en pierres sèches, Jean-Christophe Vila décide gentiment de faire l'accrochage lui-même avec A. plutôt que de le confier à des mains étrangères.

Mais c'est pour demain et c'est une autre histoire.

*
Galerie Albane
du 14 mai au 1er juin 2013
1, rue Suffren
44000 Nantes
En présence de l'artiste les 31 mai et 1er juin de 15hà 19h








1.5.13

Coïncidences de la vie

Étrange, tout à l'heure je cherchais une photographie péniblement égarée ; en feuilletant ici et là dans un petit bazar intime je m'aperçois que mon arrière-grand mère - Émilie Marie Pascal de son nom de jeune fille - est née à la Seyne -sur-Mer.

 Où j'expose dans quinze jours.

J'ai peu connu cette petite dame qui avait survécu à un naufrage ou deux, dont la vie s'était étirée entre Dakkar, Saïgon et Tananarive et qui, m'accueillant dans son petit salon entre deux Bouddha chinois, m'offrait des berlingots merveilleusement colorés.