31.10.12

Corinne Mercadier à la Galerie Les Filles du Calvaire

Grâce à ma copine-élève Sandrine Z. hier soir, pour A. et moi, c'est vernissage de la nouvelle exposition de Corinne Mercadier.
Ou "quelle issue possible lorsqu'on n'a plus de polas dans son frigo ?".

En partant, j'achète son livre "Corinne Mercadier" chez Filigranes Éditions pour la bibliothèque de l'Atelier.



Devant un champ obscur
dans le cadre du Mois de la Photo à Paris
Galerie Les Filles du Calvaire
75003 Paris

Exposition du 31 octobre au 1er décembre 2012

26.10.12

Exposition Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat

C'est le cadeau que je me suis fait à moi-même cette semaine, aller voir l'exposition de Deborah Turbeville à la galerie Serge Aboukrat.
Je suis une admiratrice fervente de son travail mais je ne le connaissais qu'au travers des livres - sa dernière exposition en France remontant à une vingtaine d'année, je crois - je n'avais jamais vu de tirages.

On n'imagine pas un lieu, un galeriste, je devrais dire un hôte, mieux appropriés pour recevoir ces images.

Une soixante de photographies de toutes tailles et de toutes sortes, oniriques, mystérieuses et servies par cet accrochage en mosaïque si cohérent dans cette galerie-boudoir ; l'ensemble m'a saisie au cœur tant il révèle de l'auteur.

Des épingles, des bandes de scotch, des cadres sans verres où baillent des tirages magnifiques barrés par la signature, des cadres sans tirages, comme autant de signes de la présence de l'artiste en  son absence.

A. et moi, nous nous agenouillons volontiers pour découvrir les images les plus basses.
Nous repartons enchantés et conquis.


Mon plaisir a été décuplé, je le confesse, par l'accueil et certainement la personnalité même de Serge Aboukrat qui nous a reçu avec autant de grâce, de disponibilité et de courtoisie que si nous étions attendus chez lui.
Et, c'est assez rare pour le signaler, ne semble même pas déçu lorsqu'il apprend que je suis photographe et non pas l’acheteuse potentielle dont rêve tout galeriste - ou s'il l'est le cache c'est avec une élégance charmante.


De surcroît, en tant que photographe, j'envie à Déborah Turbeville un galeriste qui accueille sa créativité de d'artiste à bras ouverts, si j'ose dire.

Une exposition à ne pas manquer en cette rentrée très riche.


Mois de la Photographie

Unseen Versailles 
Photographies de Deborah Turbeville 

Galerie Serge Aboukrat
7, place Furstenberg 
75006 Paris

Exposition du 17 octobre au 31 janvier 2012

25.10.12

Anté-Numérique - Exposition vente à l'Atelier Tozf

A l’occasion de Paris Photo, le Studio TOZF organise Anté-Numérique, une expo-vente en collaboration avec les laboratoires les plus prestigieux de Paris et d’ailleurs.
Le thème de cette exposition portera sur les tirages photographiques traditionnels et alternatifs.
Alternatifs


Alternative
J'aime bien cette idée d'un autre possible.
Tandis que certains - suivez mon regard - tentent de nous convaincre que "hors du grand tirage numérique en couleurs" il n'y point de salut, il est bon aussi de voir qu'un lieu aussi réputé que l'Atelier Tozf prend la peine d'organiser une exposition parfaitement à contre-courant de cette tendance hégémonique.
Ceux qui me connaissent comprendront facilement combien je suis reconnaissante à mon galeriste Jean-Pierre Haie de m'avoir choisie pour représenter Demi-Teinte.

En complément, je vous livre le très beau texte de Didier Brousse :

La photographie est, de façon primordiale, une «sun picture», comme le disait Fox Talbot, l’un de ses inventeurs. Une image formée par la lumière, dans un piège optique (la camera obscura) et chimique (les sels d’argent développés et fixés). Ce qui nous fascine dans ce piège, c’est son autonomie (The Pencil of Nature :la nature se peint elle même), la maîtrise de l’image nous échappe, et quelque chose de la vérité, de l’âme des choses, est ici enfermée.
Cette absence de maîtrise est un piège délicieux, qui permet à quelque chose de plus grand que ce que nous imaginions de se manifester. Un mystère.
Le numérique nous permet un contrôle de l’image que nous pouvons retravailler à notre fantaisie. C’est ce que l’on appelle, je pense, de l’art graphique. Ce n’est plus tout à fait de la photographie, de la «Sun Picture».
Les tireurs qui travaillent avec leurs mains en coquille sous les rayons de l’agrandisseur pour retenir et brûler, puis plongent dans le révélateur, agitent, chauffent les blancs qui tardent à monter, sont les acteurs d’un théâtre où l’on ne rejoue jamais deux fois le même texte avec le même succès.
L’image est là. Avec ses qualités toujours incertaines. Qu’il faut laisser mûrir.
Quel délice lorsqu’on la revoie après les années passées.
Car c’est une chose étrange : on ne sait pas ce qu’est la perfection. On essaie d’y atteindre, et, lorsqu’on travaille sur un tirage, on est sensible à des détails minuscules de lumière, que l’on ne discerne plus le lendemain. Mais cette quête menée à tâtons tire sans doute vers une certaine excellence, car, oui, les années passées, il arrive qu’on admire sa propre besogne.
J’ai beaucoup tiré. Je connais l’intimité avec une image que cela procure. Aussi forte parfois que celle du photographe.
Mais il faut avoir mis les mains dans les rayons de lumière et dans la chimie. Sinon, on ne voit rien. Ou on se laisse prendre aux apparences trop immédiates, que l’on n’a pas eu le temps et la chance de voir naître au fil des minutes dans la pénombre.
La technique d’impression numérique peut approcher, dépasser peut être cette qualité. Peu importe. Le décisif, le vivant, c’est la non maîtrise et l’incertitude, qui laissent une chance au monde des choses visibles d’exister dans nos images.
                                                                                                 
Didier Brousse (Galerie Camera Obscura)
Septembre 2012
Anté-Numérique 

Atelier Tozf
23 Rue Godefroy Cavaignac
75011 Paris
Tel : 01 43 72 41 31

Vernissage le 9 novembre à partir de 17h 
Exposition du 9 au 18 novembre 2012
Entrée libre
Ouvert tous les jours, dimanche inclus, de 12h à 19h




24.10.12

Lecture de portfolio - Mon dernier coup de coeur

En lecture de portfolios, on est amené à regarder - et c'est bien heureux - des travaux extrêmement différents. 
Le challenge pour l'expert est, à mon avis, de s'extraire assez de ses propres goûts, de se mettre dans une position d'ouverture qui lui permette de regarder les images présentées plutôt dans la compréhension de ce qui a été tenté par le photographe que dans le jugement.
Je ne regarde pas les photos d'un même oeil si je visite une exposition ou une foire pour mon propre compte, que si je fais la même visite dans un but pédagogique ou lorsque je suis en entretien avec un photographe qui vient me montrer un travail en cours.
Dans ce dernier cas, tout mon être est tendu vers ce que j'espère pouvoir apporter d'enrichissant à une personne qui m'a fait confiance.

Parfois, il arrive que le travail présenté touche ma particulièrement ma sensibilité et soit tel que je l'aurais remarqué dans d'autres circonstances, si je l'avais vu dans une foire par exemple.
C'est assez rare mais c'est  toujours un plus grand bonheur pour moi d'être amenée à encourager, à soutenir l'auteur dans son projet dans ces cas là.

Mon dernier coup de cœur aura été pour Près du passé luisant, demain est incolore de Valérie Loiret-Brunissen, une série très fitzgeraldienne qui s'attache à saisir avec toute la délicatesse que cela nécessite forcément et je la cite pour ne pas la trahir "en un moment tremblant la beauté de ce qui a été, et qui n'affleure qu'en un instant de grâce avant de s'évanouir à nouveau."

© Valérie Loiret-Brunissen

 J'invite chaleureusement les plus curieux d'entre vous à aller découvrir en avant-première un extrait de cette série à la Mairie du 11ème à Paris jusqu'au 28 octobre.*

*Salon de la Photographie
Mairie du 11ème
Salle Olympe de Gouges
15, rue Merlin
75011 Paris
M° Voltaire  - Père Lachaise
Du 20 au 28 octobre 2012 de 12h à 19h

20.10.12

De l'aéroport de Naples


Que le lecteur se montre clément et me permette de résumer en quelques lignes notre séjour sur la côté amalfitaine.
Le verre à moitié vide :

J'ai trouvé - et ça n'engage que moi - la région affreusement surfaite, les prix pratiqués (3€ de l'heure pour le parking, 5€ pour un caffè con panna) exorbitants au vu des prestations et les contraintes imposées par la géographie des lieux, à savoir des heures et des heures de voiture sur une route infernale peu en rapport avec le plaisir éprouvé à l'arrivée.
Seule exception à mes yeux, Ravello mais j'imagine qu'on doit trouver sans peine quelques belles villas avec jardin et fontaine en cherchant un peu du côté de la Toscane.
 

Mon conseil donc, si vous voulez voir de la montagne se jetant dans une mer turquoise, économisez-vous, allez en Corse et si vous voulez à tout prix manger italien, optez plutôt pour Naples ; en prime vous aurez le Vésuve sous les yeux toute la journée.
Quant à Ravello, j'ai vu toutefois qu'on pouvait y parvenir en hélicoptère directement dans les jardins de l’Hôtel Cimbrone ; à mon avis, c'est encore le mieux.

Le verre à moitié plein :


Après avoir risqué nos misérables existences sur leur route mortelle jusqu'à satiété, nous avons pris un hôtel sur les hauteurs de Sorrente avec vue sur le Golfe de Naples, classique premier plan de pins parasols et passé nos journées en maillots au solarium à lire (Dolce Vita 1959-1979 de Simonetta Greggio), à écrire et à peindre de petites aquarelles sans prétention.


Le soir, une voiture venait nous prendre, nous amenait au restaurant et nous en ramenait.

J'entends d'ici les ricanements :
"On s'en fiche de ses vacances et la photographie dans tout ça ?"
Réflexions d'aveugles.

La photographie ? Elle est entre les lignes ; comme là-bas, bien difficile à entrevoir dans ce pays de randonnée pour moi qui ne suis pas précisément une photographe de paysage.
De ma fenêtre, je regarde chaque matin la brume se lever sur la montagne proche et chaque après-midi j'arpente des villages aux rues emplies de céramiques répétitives.
Je pourrais aussi bien laisser le boîtier au fond de ma valise pour ce qu'il me sert.
Et le soir avant de m'endormir, je me ressasse la petite phrase de mon pote JML qui en revenait lorsque nous partions "Dans les villages ?...heu...il n'y a rien a voir..."
Avant de nous mettre en "vacances" j'ai travaillé pourtant et du mieux que j'ai pu.


Souvent, je dis à mes élèves, ne vous inquiétez pas, il y a toujours une période délicate lorsqu'on a fini une série et qu'on en commence une autre ; on quitte quelque chose de connu et de réalisé qui nous sécurise pour l'inconnu - au mieux c'est inconfortable, au pire c'est vraiment difficile.

Je n'irais pas jusqu'à dire que c'était vraiment difficile mais...

9.10.12

Un brin de résistance

Hier, pour lutter contre la grisaille ambiante - ou est-ce contre l'hégémonie du grand tirage numérique couleur qui semble nous menacer ? -  A. m'offre une petite boite de papier Crumière.

???
Je veux dire une boite pleine.
Même pas ouverte.
100 feuilles.
Brillant.
6x9
Spécial contraste.
2 euros.
!!! 


Oui, un papier qui date de 1930 à la louche.
Je suis tout de suite d'humeur charmante.
 Surtout en lisant que le temps de pose sera entre 2 et 3 secondes si j'utilise 16 bougies pour l'insolation.

Aujourd'hui, faute d'avoir eu le temps de me procurer deux chandeliers à huit branches, pardon de vous  décevoir mais j'ai fourré tout ça sous l' agrandisseur.
Après quelques tests - que des gris, que des blancs - j'ai fini par opter pour un développement en deux bains, révélateur 1 Warm Tone de Téténal augmenté de 5g de benzotriazol par litre (1mn30) suivi du révélateur 2 nature (1mn30).
Je livre ça sans prétention et pour ce que ça vaut  mais le résultat m'a bien convenu.
Je ne dirait pas que ça a fait venir des blancs ( comme je tire sans blancs ces temps derniers, je n'ai pas été dépaysée ) par contre j'ai de beaux noirs.
J'ai choisi une petite série d'images de Pompei et d'ailleurs, je trouve le résultat très attachant, on dirait le journal d'Une femme française en Orient...


C'est un moment bien agréable ; du coup, nous décidons de rester dormir à l'atelier...

4.10.12

"Il faut une grande hardiesse pour être soi" (suite) Eugène Delacroix

Donc, comme hier aucun Thalys ne circulait pour cause de grève, mon escapade à Bruxelles se sera réduite à un aller-retour dans la journée qui, au final, disons-le, était largement suffisant pour prendre la mesure de cette nouvelle édition de Fotofever que, pour ma part, j'ai trouvé fort décevante tant sur le plan de la fréquentation - largement inférieure à celle de l'an passé à Paris - que sur celui de la sélection.

Suis-je  vraiment la seule, je me le demande, à faire une overdose de ces immenses tirages numériques en couleurs photoshopés à mort et brillants de mille feux sous leurs "Diassec"  qui me donnent à peu près autant d'émotion - leur prix de revient mis à part -  que les collections H&M ?

N'est-il pas intellectuellement "questionnant", si j'ose dire, que tous les artistes de la planète se mettent à faire simultanément la même chose ou peu s'en faut ?

Si l'on part du postulat que l'art serait une expression de soi si intime qu'elle atteindrait par un point au moins au collectif, que peut-on déduire de toutes ces images qui nous sont données à voir et dont on peine à identifier l'auteur tant elles se ressemblent ?
Que doit-on déduire de leurs auteurs ?

Qu'ils ont été clonés ? 
Voyons-nous des œuvres de clones sans le savoir ?
Ce serait rassurant, en un sens ; ça expliquerait bien des programmations.

Il y avait aussi des photographies à regarder heureusement - indépendamment de la Galerie 127  qui me représente comme on sait - une jolie poignée de Masao Yamamoto, dont un en couleurs qui m'a fait grande envie, de grands classiques à la Box Galerie et à la galerie Paris-Beijing d’attachantes installations (pardon, je ne sais pas comment dire autrement) du photographe indien Nandan Ghiya * pour lesquelles j'aurais bien craquée et qui seront mon coup de cœur de cette année.


.




   


'Summer Group Show'
The Family Tree
Galerie Paris-Beijing (Paris)
Nandan Ghiya
Exposition du 13 septembre au 23 octobre 2012

June 1st - September 1st 2012

* Courtesy Galerie Paris-Beijing

1.10.12

Passé la majeure partie de ce dimanche ensoleillé à mettre sous cadres les tirages destinés à Fotofever en écoutant à fond Backsreets of Desire du regretté Willy DeVille.

Du coup, j'entame ma semaine avec des entailles plein les doigts et de la musique plein la tête.